BARTAU : Mon père, ce héros
Lettre à M. le Président Sarkozy, qu'il ne recevra jamais
Le lundi 18/02 et le mardi 19/02/2008 France2 diffuse un docu-fiction intitulé : "La Résistance".
C'est pour moi l'occasion de redécouvrir une page de l'histoire de ma famille, de mon pays.
Comment ne pas être ému de voir ces jeunes, qui pour certains n'avaient pas 16 ans, entrer en résistance. Comment ne pas être ému devant tant de risques pris par des femmes et des hommes, souvent trés jeunes, pour défendre des idéaux, allant jusqu'au sacrifice de leur propre vie.
Parmi eux il y a avait deux jeunes gens de 18 ans, une jeune fille, un jeune homme, des toulousains, militants des Jeunesses Communistes. Ils seront arrêtés à la fin de l'année 1940. Passeront devant un Tribunal militaire pour avoir organisé et exécuté un plan, avec d'autres camarades, qui leur permit de lancer des tracts sur le passage de Pétain, place Esquirol à Toulouse. Eux et leurs amis seront privés de liberté pendant de longues années. Durant 4 ans pour la jeune fille, déchue de la nationalité Française, pourtant née à Toulouse mais de parents Espagnols, qui ira de camp de concentration en camp de concentration (Récébédou, Rieucros, Gurs, puis Brens). Le jeune homme, lui aussi déchu de la nationalité Française, pourtant né à Toulouse, mais de parents Italiens, sera emprisonné à la prison St Michel à Toulouse, puis en Centrale à Nîmes. Il ira ensuite grossir les rangs du Camp du Vernet. Il y fera connaissance entre autres de Danton, un ami qui nous est cher. Il sera ensuite envoyé vers l'Italie, pays d'origine de ses parents. Mais les italiens ne le voulant pas, il sera décidé de l'envoyer à Buchenwald. C'est alors qu'il décide de s'évader avec trois de ses compagnons. A pied, se cachant le jour, ils traversent bois et forêts, dans la neige et le froid, pour rejoindre le maquis de l'Ain dont l'un d'eux est originaire. Et c'est là qu'ils auront rendez-vous avec l'Histoire.
Le maquis de la région décide d'une action d'éclat, pour convaincre Londres d'envoyer massivement des armes à la Résistance. Ils imaginent alors de défiler dans les rues d'Oyonnax pour le 11 novembre 1943. Il leur faudra neutraliser les gendarmes de la ville. Une fois fait ils se regroupent, défilent dans Oyonnax et posent une gerbe au monument aux morts de la 1ère guerre mondiale. Un véritable pied de nez à l'occupant et à ses serviteurs zélés de Vichy. Ce fait fut filmé par un jeune journaliste qui n'avait sur lui que 3 minutes de pellicule. Nous en avons vu des images lundi soir 18/02 dans ce docu-fiction.
Après la guerre les deux jeunes gens se sont retrouvés à Toulouse. Ils se fréquentaient depuis l'âge de 14 ans. Ils décidèrent de se marier et de faire des enfants. Je suis leur troisième. Et sur ce blog je porte le nom que mon père portait dans la clandestinité.
Alors M. Sarkozy, cette femme, cet homme, mériteraient cent fois les remerciements de la Nation. Mais ils vous diraient qu'ils n'ont fait cela ni pour en tirer gloire, ni pour recevoir des honneurs. Et puis je sais aussi que si l'envie vous prenait de vouloir leur épingler une médaille, ils la refuseraient. De peur de se retrouver dans une promotion, entourés de Mme Balkany et consorts.
Gardez donc vos médailles pour vos amis, ils vous le rendront bien.
Quant à mes parents, ils sont toujours aussi vifs, s'indignant encore des bassesses de ce monde.
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9 commentaires
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par Bartau, le Mardi 19 Février 2008, 10:30
Répondre à ce commentaireMon petit Clément,
Tu as le chic pour me faire verser la larmette.
Je te précise que seul mon pére était à Oyonnax, car ma mère était alors dans un camp, en compagnie d'ailleurs de ma grand-mère paternelle qui avait été arrêtée avec son mari, mon grand-père, en même temps que mon père. Mon grand-père a passé quelques semaines à la prison St Michel puis il a été hospitalisé et est décédé 3 mois plus tard. Toute ma famille a été victime de la police et de la justice de Vichy. Car en plus de mes grands parents paternels, du coté de ma mère ils ont arrêté 2 de ses frère et son père. Qui ont fait le camp du Vernet d'Ariège puis ont été déportés à Djelfa.
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Mon petit Clément,
Salut l'ami,
Cher Bartau,
Commentaires
1 - Merci Bartaupar Clement, le Mardi 19 Février 2008, 01:49 Répondre à ce commentaire
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