Chers vagablogueurs,
 
Je suis en train de faire mes cartons en vue d’un déménagement prévu les 25 et 26 mars 2008. Imaginez ce que c’est pour un humain issu d’une lignée croisée, au plus lointain de la nuit des temps, avec un écureuil.

J’ai tout pris pour des noisettes et j’en ai caché dans tous les recoins. Malgré cela je ne résiste pas à l’envie de mettre en ligne mes observations en ce lendemain de premier tour des élections municipales.

Eric Woerth, ministre du budget et de la fonction publique explique, sans sourciller, que les électeurs ont donné l’avantage à la gauche lors de ce premier tour pour faire comprendre à la majorité, président et gouvernement compris, qu’ils sont impatients de voire appliquées les nouvelles réformes que le président Sarkozy a promises. Cette façon de prendre tous les téléspectateurs pour des imbéciles est le signe manifeste du woerth’art, nouvelle forme d’expression orale qui consiste à dire le contraire de ce qui est. J’appartiens à cette catégorie de personnes simples qui applaudissent quand le spectacle leur plait et sifflent quand il leur déplait. Si je crains qu’un spectacle plaisant soit trop court, je me réserve par mes applaudissements d’en redemander. J’ai remarqué, comme vous sans doute, que mes voisins de fauteuil, du plus proche au plus éloigné, font de même, c’est même pour cela que ça marche. C’est la même chose en politique, quand je souhaite encourager un élu à aller plus avant, je le lui dis et je vote pour lui. Pour Woerth c’est le contraire.

Ce même ministre Woerth déclara, avec des recherches de dramatisation évidentes, pour essayer d’inverser le tendance au deuxième tour, que partout où elle serait élue la gauche allait augmenter les impôts. C’est une constante de la droite que d’agiter le chiffon fiscal. Sur une autre chaîne, ce même soir, le président du groupe UMP, Jean-François Copé fit la même déclaration. Admirons la coordination, tels des moulins à parole, ils débitent le même slogan sous forme de mise en en garde.

Lundi 10 mars 2008 Alain Juppé, maire de Bordeaux élu au premier tour, explique en guise de réponse au journaliste de France Inter, qui lui demande son avis sur la signification de l’avantage donné à la gauche, que l’insatisfaction est normale, car il faut toujours du temps pour que les résultats des réformes apparaissent.

Et de fait il a raison le brave homme, il faut du temps pour voir les résultats.

La gauche accusée de vouloir augmenter les impôts, dans les communes qu’elle aura gagnées, ce n’est qu’une hypothèse. Par contre que la droite s‘applique patiemment et avec obstination à vider les caisses de l’Etat, c’est un fait vérifiable sur le site internet de l’agence du trésor. De fin 2006 à janvier 2008, la dette négociable de l’Etat Français est passée de 877 milliards d’euros à 922 milliards d’euros. Mieux, depuis fin 2002, année du deuxième quinquennat de Chirac et avènement de l’UMP, la dette est passée de 717 milliards d’euros à 922 début 2008. C’est une constante de la droite française de faire croître la dette publique. On rappellera utilement la lettre du 27 janvier 1994 que Edmond Alphandery ministre de l’économie adressait au premier ministre Edouard Balladur, lettre par laquelle il lui faisait remarquer que son gouvernement laissait filer la dette française. Celle-ci était passée de 2100 milliards de francs en 1992 à 2900 milliards en 1995. On se rappellera également que monsieur Balladur ne manquait pas une occasion de faire la leçon à la France entière sur la réduction de la dette.

Pour un résultat c’est un résultat ! Ce cher Juppé est quand même un peu pessimiste, parce que ce résultat là ne s’est fait pas attendre. Les retraités sont en difficulté, ils l’ont fait savoir dans la rue. Le nombre de ceux d’entre eux qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts augmente. Mais c’est le résultat de la réforme des retraites de François Fillon, dont il disait que c’était la seule bonne réforme du quinquennat de Chirac.
 
Que ce soit au niveau local ou au niveau régional, j’aimerais bien que l’UMP, ses chefs et ceux qui vivent du soutien qu’ils leur apportent, sentent au jarret la morsure de la vraie impatience.
 
Amis vagablogueurs votez bien !

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