La dette publique, celle du budget de l’Etat et celle des différentes branches de la Sécu, sont systématiquement mises en avant pour conformer le pays à l’idée que s’en fait Nicoza Sarkoly. Il à longtemps que la droite à théorisé sur cette démarche, elle l’appelle « la pédagogie de la dette ». Il y longtemps que la droite et la gauche contaminée oeuvrent à la transformation de la sécurité sociale. L’histoire politique gratifie, avec raison, Simone Veil, ministre de la santé et de la famille sous la présidence de Giscard d’Estaing, de la loi sur l’IVG, mais elle oublie de lui reprocher d’avoir instauré les dépassement d’honoraire des médecins. L’œuvre de « dispersion »  de la sécurité sociale avait déjà commencé. Très schématiquement retenons qu’il faut mettre en déficit, c’est-à-dire créer une dette, dans les secteurs qu’on veut « rendre au marché[1] ». Sans cette dette, dont la faute incomberait aux citoyens et assurés sociaux, et le préjudice pèserait sur l’économie et le contribuable, les premiers ne se laisseraient pas déposséder. Trente ans que le monde libéral construit patiemment ce référentiel idéologique en empilant les uns sur les autres les plans de sauvetage de la sécurité sociale, et principalement de l’assurance maladie, lesquels continuent inexorablement à laisser courir le déficit.

On aura remarqué que chaque plan de sauvetage ou de réduction du déficit de la sécurité sociale, branche maladie, comporte une part de diminution des remboursements. Bérégovoy avait commencé en 1983 avec le forfait hospitalier à 20 F arguant qu’il fallait responsabiliser les malades. Il disait même que c’était pour participer aux frais de nourriture. On est arrivé, aujourd’hui à un forfait hospitalier de 16 €. Combien de familles peuvent consacrer 16 € par jour pour l’alimentation d’un de ses membres ? Depuis les entreprises de restauration collectives ont pris pied dans les hôpitaux et s’arrachent ces marchés. Chaque réduction de remboursement, chaque suppression de remboursement est un petit pas de plus vers la disparition programmée de la sécurité sociale. Notre inénarrable Nicoza Sarkoly a promis la rupture, en la matière ce n’est pas vraiment le cas.  Son prédécesseur, était l’ami intime de Bébéar, lequel l’avait convaincu du bien fondé de la sécurité sociale privée. Aujourd’hui, vous pouvez être sûr que AXA a déjà un projet de sécurité sociale prêt à être déployé.

Corrélativement, à cette réduction des remboursements, les gouvernements successifs ont régulièrement augmenté les honoraires des médecins. Ainsi, comme le rapporte le Haut Conseil pour l’Avenir de l’assurance maladie, le revenu des médecins à respectivement progessé, trois fois plus que celui des salariés pour les spécialistes, et deux fois et demi plus pour celui des généralistes. Début février 2009, des discussions entre la CNAM et les syndicats de médecins devraient mettre la consultation à 23 €.

Par quels errements de l’esprit avons-nous accepté, sans bouger, de voir augmenter les honoraires de ceux qui ont ordonné les dépenses d’un organisme dont nos efforts devaient servir à le renflouer ? Et comment se fait-il qu’il n’y ait pas eu dans l’opposition, hormis au sein de celle qu’on qualifie d’extrême gauche, et qui m’apparaît de plus en plus extrêmement nécessaire, un mouvement solide, structuré, de contestation de cette lente spoliation du peuple par « l’ordre marchand » ? Je crois malheureusement que la plupart des dirigeants de la gauche de gouvernement sont acquis aux thèses libérales. Je les ai souvent entendus réprouver, à mots comptés les mesures libérales, non sur le fond mais sur la méthode, comme autant de mauvais mécaniciens qui, incapables de remédier à la panne qui dégrade le moteur, n’auraient pour solution que de pérorer une burette d’huile à la main. Pire, quand m’arrivent les échos des débats qui les agitent, j’en conclu que l’esprit de concupiscence les a envahi depuis longtemps. A voir leur collègues libéraux affichés se régaler de la sorte, ils avancent une main tremblante vers le plat du jour, étonnés de leur hardies mais avouant in petto « moi aussi j’en prendrais bien un peu. » C’est très certainement pour cette raison que l’élite socialiste oublie de rappeler, avec la constance et la force nécessaires aux grandes causes, que le déficit de la sécu est dû pour une bonne part, aux allègements de charges sociales que le budget de l’Etat devait rembourser aux comptes sociaux, Cela fait une somme de l’ordre de 20 milliards d’€. Elle oublie également d’expliquer qu’elle a servi à capitaliser les cliniques médicales françaises qui ont fait le plat de résistance des grands groupes privés de santé[2], au détriment des assurés sociaux. Il y a eu détournement d’usage par nos élites. Pas étonnant qu’elles soient absentes du combat !

 

Je ne finirai pas sans une note optimiste. A tous les petits chefs d’entreprise, à toutes les professions libérales, à tous les pêcheurs, les agriculteurs, les transporteurs qui se croyaient du bon côté quand Nicoza Sarkoly parlait de la France qui se lève tôt, je ferai remarquer que si la droite n’avait pas asséché les caisses de l’Etat, dans un but éminemment manipulatoire, elle aurait aujourd’hui des moyens d’intervention. Amis qui avez prêté votre oreille aux sirènes malfaisantes de la crise, sachez que si le besoin d’enrichissement infini de quelques uns est le moteur du néolibéralisme sans frontière, les larmes, la sueur et le sang sont les lubrifiants de ce système inique. Le peuple des salariés et travailleurs fournit les larmes et la sueur, les habitants des pays pauvres fournissent le sang. Vous-mêmes, posez-vous la question de savoir ce que vous fournissez. J’entends déjà votre réponse. Ainsi vous comprenez que vous avez partie liée avec les salariés, et qu’à laisser déconstruire ce qui les protégeait un peu, vous avez œuvré à votre propre malheur.

La guerre économique, comme toutes les guerres valorise les généraux et consomme les combattants. Vous savez maintenant ce qui vous attend. A moins que vous ne réalisiez que la concurrence permanente, généralisée, globale et infinie est une monstruosité.

 

 

[1] Il faut garder à l’esprit que la directive Bolkenstein est à l’œuvre. Retrouvez cette directive : http://static.wikipedia.org/new/wikipedia/fr/articles/d/i/r/Directive_Services_d8a4.html

[2] CAPIO SANTE  www.capio.fr , KAPA www.kapasante.com , CLINIFUTUR www.clinifutur.fr , VITALIA www.groupe-vitalia.com , MEDI PARTENAIRE





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