C’est la période des cadeaux. Peut-être qu’un de vos proches aura cédé à cette mode vulgaire qui consiste à offrir un bon-cadeau d’une quelconque enseigne de vêtements de sport, de livres ou de disques. L’idée que ceux qui me sont chers ne sauraient pas quoi m’offrir m’est insupportable. L’idée que le cadeau ne porterait rien de plus que ce qu’il est dans sa triste matérialité m’est également insupportable. L’idée qu’on offre une fraction de cadeau ou un cadeau et la monnaie qu’il faut pour faire un compte rond m’est, elle aussi, insupportable

Mais enfin soyons tolérants. Peut-être donc que l’un d’entre vous aura, le 25 au soir, un bon pour acheter un livre. Si tel était le cas, peut-être lui serait-il agréable qu’on lui suggère quelque titre de livre, pour la simple raison qu’il aurait envie de se surprendre lui-même en ne piochant pas dans la liste qu’il a en tête et qu’il incrémente presque chaque jour. Si tel était vraiment le cas, je me ferais un plaisir de lui recommander « Comment le peuple juif fut inventé » de Shlomo Sand, historien israélien.

Du cœur de l’ouvrage j’ai ramené ces quelques lignes :
« Les mythes centraux sur l’origine antique d’un peuple prodigieux venu du désert, qui conquit par la force un vaste pays et y construisit un royaume fastueux, ont fidèlement servi l’essor de l’idée nationale juive et l’entreprise pionnière sioniste. Ils ont constitué pendant un siècle une sorte de carburant textuel au parfum canonique fournissant son énergie spirituelle à un politique identitaire très complexe et à une colonisation territoriale qui exigeait une autojustification permanente. »
Ces quelques lignes contiennent presque tout, y compris la terrible certitude, ressentie par votre serviteur, que les palestiniens n’auront jamais d’Etat indépendant. Pire, ils seront chassés directement ou indirectement de leur terre natale.
Vous aurez noté que l’avant dernière ligne porte les termes de politique identitaire. Nous sommes à l’orée de notre sujet, que le texte de Shlomo Sand a labouré avec une grande maîtrise pendant les 54 pages de la première partie intitulée « Fabriquer des nations. Souveraineté et égalité »
Voilà, c’est à lire. Merci monsieur Sand.
 
Je profite de ce billet pour demander à ceux d’entre vous, blogueurs et vagablogueurs, qui ont lu le petit livre de Jean-Marie Adiaffi, « La carte d’identité » de m’en entretenir ici même, fut-ce en 2 lignes.
 
En vous souhaitant un joyeux Noël.

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