JACCLA : Obsession
J’ai peint quantité de châteaux de Foix : une véritable obsession prône le (soi-disant) psychologue maison… Obsession à laquelle il a, naturellement, une explication imparable : j’ai passé mes premières années de vie dans la maison de mes grands-parents maternels, aux forges de St Pierre-de-Rivière, dans la vallée de l’Arget, à quatre kilomètres environ du château de Foix. Ma grand-mère a dû souvent m’emmener à Foix, et me montrer le château depuis le pont de la route de St Girons dont la vue sur le château est précisément celle que je représente de manière (presque) exclusive. Cette empreinte précoce déterminerait mon goût — ou mon obsession — pour une allégorie que je porterais en moi, à jamais… selon le pseudo-psychologue. Bref, j’aime peindre « el castet dé Fouich »
« El castet es tant fort qu’el mezis se defent » (le château est si fort qu’il se défend par lui-même) dit la chanson. En effet, le château ne fut jamais pris pendant la croisade des Albigeois bien que Simon de Montfort l’ait attaqué plusieurs fois en ravageant ses alentours (1211-1212). Une seule fois, en 1272, « el castet » tomba aux mains de Philippe le Hardi à la suite d’une trahison… Même les gens d’Ariège trahissent parfois…
Cette (quasi) invulnérabilité, le château la doit d’abord au Rocher sur lequel il est construit, rocher découpé dans la montagne calcaire par le confluent de l’Ariège et de l’Arget. La confiance que les aborigènes vouent au Rocher tient dans un proverbe que l’on affecte à une personne en particulière bonne santé : « Sé porta coma lé Roc dé Fouich » (il se porte comme le rocher de Foix). Les grottes du Rocher ont été habitées dès la préhistoire. Une forteresse surplombait le Rocher dès l’époque mérovingienne mais le château que nous admirons a été construit autour de l’an mil ; il ne comportait alors que les deux tours carrées ; la tour ronde fut ajoutée au 15ème siècle.
Le plus connu des comtes de Foix est Gaston Phébus (ou Phœbus : le soleil) (1343-1391) célèbre notamment pour avoir tué son fils unique dans un accès de colère, et aussi pour avoir donné au château sa devise, dont l’origine vaut la peine d’être contée. Très beau sous ses cheveux blonds, Gaston profitait de ses chasses pour lutiner les bergères. Jusqu’à ce que l’une d’elles, à qui il faisait des avances pressantes, se dresse devant lui, le menaçant d’un gourdin et criant : « Tocos y sé gausos !… » (Touches y si tu oses) . Gaston qui était (aussi) un érudit plein d’humour, éclata de rire et répondit : « Merci ma belle, ce que tu viens de dire sera la devise du Château des Comtes de Foix… » Il n’est pas célèbre pour rien le Gaston…
Le château subsiste, seul de tous les châteaux de la région rasés sur l’ordre de Richelieu, peu sensibilisé en son temps à la conservation d’un patrimoine culturel. Jusqu’à la Révolution, la forteresse demeure siège de garnison puis devient prison politique et civile pendant quatre siècles jusqu’en 1862. En 1930 le château accueille le musée départemental. Cette occupation quasi continue explique l’état d’exceptionnelle conservation « del castèt dé Fouich ».
Si vous passez par Foix entre le début de juillet et la mi-Août, ne manquez pas le spectacle nocturne auquel le château sert de « toile de fond » et qui tente de ressusciter les fantômes du passé, spectacle souvent féérique qui a engendré ce « château bleu » que nous avons pu admirer l’été dernier, par une nuit fraîche de Juillet…
Par Jaccla
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| Jaccla - "REGARDS EN COULEUR"
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Commentaires
1 - Jaccla, va voir mon commentairepar Pierrot, le Mardi 8 Avril 2008, 23:44 Répondre à ce commentaire
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