Depuis un an à peu près,  j’ai retrouvé les aplats… Je dis « retrouvé » parce que l’aplat est la plus simple expression de la peinture, celle par laquelle on commence à l’école maternelle ou au C. P. et qui consiste juxtaposer, à la manière d’un puzzle ou d’une image d’Épinal, des couleurs pures et vives, posées sur une feuille ou une toile « en aplat », sans nuances, en bloc uniforme… Chacun de nous, pour peu qu’il ait peint, a commencé par des aplats…
           Retrouvé aussi les aplats dans les arcanes d’une évolution historique car la peinture en aplats s’est très tôt manifestée comme une expression majeure de l’art mural en Occident et en Extrême-Orient ; elle demeurera une technique essentielle au cours du Moyen Âge roman. D’ailleurs même lorsque les peintres chercheront des effets de relief, de modelé et d’espace, la plupart travaillent encore en aplat afin d’assurer une « assise » chromatique à la peinture…
Retrouvé aussi, à la manière de certains  peintres de Pont-Aven qui voulaient s’affirmer contre la peinture « classique »… Ainsi ai-je appris l’existence du « courant » des « nabis » dont Gauguin a été plus ou moins le parrain. Sérusier, par exemple,  « adopta dans son œuvre dite le « talisman » les tons purs de Gauguin, appliqués en aplats, et cerna la forme d’un trait noir, donnant à son tableau un aspect simplifié menant au synthétisme, c’est-à-dire au rejet systématique du détail »

        
         d’après Macke


        
         Création

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