HECATE : Chroniques autrichiennes 2
A la mort de mon père, il y a cinq ans, j’ai retrouvé trois lettres de son père - la première de la prison Saint-Michel, la deuxième de Compiègne avant son départ en déportation, la troisième de Mauthausen, comportant la seule information autorisée : "Je vais bien".
La douleur de mon père ne fait plus obstacle à ma quête d’informations. J’ai besoin de savoir ce qu’il a choisi d’ignorer ou de taire. En quelques mois, j’ai obtenu ce que j’aurais pu savoir depuis toujours sur mon grand-père : les conditions de son départ, son numéro matricule, une date officielle de décès. Préparant mon voyage en Autriche, je trouve tous les livres nécessaires dans la bibliothèque de mon père. Tout ce que je vais apprendre, ou plutôt comprendre, supposer, sera pour moi autant de victoires sur la grande entreprise de déshumanisation des victimes du nazisme. Des victoires personnelles que je crois devoir à mon père. A Gusen, à Mauthausen, soixante-trois ans après la libération des camps, je suis sûre qu’il y a quelque chose pour moi.
La douleur de mon père ne fait plus obstacle à ma quête d’informations. J’ai besoin de savoir ce qu’il a choisi d’ignorer ou de taire. En quelques mois, j’ai obtenu ce que j’aurais pu savoir depuis toujours sur mon grand-père : les conditions de son départ, son numéro matricule, une date officielle de décès. Préparant mon voyage en Autriche, je trouve tous les livres nécessaires dans la bibliothèque de mon père. Tout ce que je vais apprendre, ou plutôt comprendre, supposer, sera pour moi autant de victoires sur la grande entreprise de déshumanisation des victimes du nazisme. Des victoires personnelles que je crois devoir à mon père. A Gusen, à Mauthausen, soixante-trois ans après la libération des camps, je suis sûre qu’il y a quelque chose pour moi.
Mémorial de Gusen –2008-
Nous avons loué une voiture pour nous déplacer du camp central de Mauthausen au camp annexe de Gusen. A Gusen il y a un mémorial et ... un parking, juste devant. Je m’avance et me gare. Finalement, j’ai un doute. Ce n’est peut-être pas un parking. Honteuse, je recule. Il ne faut rigoler ni avec l’art moderne ni avec le symbole mémoriel qu’il tente de représenter.
Il y a dix ans, un ami de mon grand-père a posé une plaque à sa mémoire à côté du four crématoire de Gusen, dans le mémorial. Nous y sommes. Il y en a tellement ! On ne sait comment chercher. On n’a aucune information sur son emplacement... Je sais qu’Emilie trouvera avant moi. Elle trouve. Tant mieux : il y aura une quatrième génération. Les historiens et autres gardiens du temple devront attendre pour aseptiser les lieux de mémoire...
La voiture est au diable. C’était sûrement un parking !
(à suivre)
Par Hecate
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3 commentaires
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par Hecate, le Vendredi 25 Avril 2008, 00:44
Répondre à ce commentaireTu as tout compris, Chris, même ce que je croyais avoir caché. C'est vrai que mon problème est là : comment retrouver la mémoire si tard alors que l' Histoire est en marche et n'a que faire des destins individuels?
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Tu as tout compris, Chris, même ce que je croyais avoir caché. C'est vrai que mon problème est là : comment retrouver la mémoire si tard alors que l' Histoire est en marche et n'a que faire des destins individuels?
Commentaires
1 - Histoire et mémoirepar Chris, le Jeudi 24 Avril 2008, 23:57 Répondre à ce commentaire
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