GREGORIO : Le courage de Sarkozy
Déjà 3 jours que le président Sarkozy a produit son discours de victoire. Je dis de victoire car ce président qui veut soumettre les ministres à une exigence de performance vient de marquer l’histoire de la Vème République d’une performance dont il doit être fier : il est considéré comme le plus mauvais président de la république. Félicitons-le cela vaut bien une médaille d’or ! Le jour de son intervention il fait un taux d’audience inférieur à celui que réalise Louis la Brocante. Magnifique, cette fois c’est digne de la médaille d’argent.
Dés le lendemain, le secrétaire général de l’UMP, M. Devedjian, fort satisfait de la prestation de son maître, se plaisait à insister sur le courage du président. Je ne vois pas où est le courage. En faut-il vraiment pour fixer soit même son salaire et claironner à la cantonade qu’on le mérite bien ? Je ne crois pas. Mieux, l’histoire récente nous enseigne que ceux qui fixent tout seuls ce qu’ils méritent, tant ils se trouvent bons, ont presque toujours créé des problèmes. Ce ne sont ni Jean-Marie Messier, ni Zacharias, ni Forgeard qui nous démentiront.
Mais revenons au courage du président. En faut-il pour durcir la condition des classes moyennes, pour leur mentir. En quoi c’est courageux de dégrader les conditions de vie de la majorité et d’améliorer celle d’une petite minorité ? De quel courage s’alimentent les décisions d’augmentation du gaz ? Je ne comprends pas pourquoi ceux qui ont en charge l’information de leurs concitoyens font preuve d’une telle complaisance. Sans doute que leur condition n’est guère touchée. En faut-il pour déplorer en permanence le déficit public alors que depuis que cette majorité a les pleins pouvoirs, soit depuis 8 ans, la dette négociable est passée de 653 à 956 milliards d’euros ? Il faut très certainement plus de complicités que de courage pour arriver à de tels résultats. Que cela n’étonne pas les interviewers attitrés ne cesse de m’étonner. Entre géniaux, couards, ignares ou vendus, je n’arrive pas à trancher. Où voit-on du courage à réduire le nombre de professeurs de l’enseignement public pour financer les créations de classes promises au privé, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Là aussi plus que du courage ce sont de questions peu questionnantes dont les dirigeants de la majorité ont besoin.
De tout temps l’assèchement des caisses de l’Etat a créé les conditions favorables au transfert de la chose publique au privé. On comprend mieux pourquoi la droite s’applique autant à creuser le déficit qu’elle dénonce en permanence, et le peuple qui n’a plus de représentant, plus d’informateurs, perd ses droits parce qu’on lui a pris ses biens.
Pour un libéral pur sucre, spolier la collectivité c’est faire œuvre d’intérêt général. On se rappellera utilement l’article du Monde sur la vente des Autoroutes du Sud de la France à un prix de complaisance, ainsi que les protestations de l’Humanité. De même la vente de la SNCM pour un prix 10 fois inférieur à la valeur des actifs montrait bien que les privatisations sont de vraies étrennes pour le ou les groupes choisis et le patron imposé par le pouvoir le cas échéant. C’est bien ce qui a agité une bonne partie des barons du capitalisme français, plus préoccupés par la captation de la richesse publique que par l’avenir industriel de la France. On nous dit que la désindustrialisation de la France est de la faute des salariés et des 35 heures. Pour prétendre de telles choses ce n’est pas du courage qu’il faut, mais bien du mépris pour le peuple.
Nous finirons cette chronique sur deux sujets de réforme.
L’allongement du temps de travail, soit 41 ans pour une retraite à taux plein avec les applaudissements du MEDEF. Cette organisation devrait être disqualifiée. Son ancien président, M. Ceyrac, recevait depuis de nombreuses années une enveloppe de plusieurs milliers d’euros pour améliorer sa retraite. Une organisation qui a abrité ces pratiques et se permettrait de discuter des conditions de durcissement des retraites du plus grand nombre serait infâme, étymologiquement privée de renommée. Sur cette histoire du travail des anciens, même si une bonne part de la population l'a intégrée comme une fatalité, on se rappellera quand même le discours opportuniste de la ministre de l'économie, madame Lagarde qui avait péroré lorsque Guy Roux, célèbre entraîneur de foot avait annoncé qu'il reprenait du travail à soixante ans passés, le citant en exemple urbi et orbi. On se rappellera aussi que quelques jours plus tard le même Guy Roux a eu la décence de démissionner, reconnaissant qu'il n'avait plus la force et l'énergie nécessaires pour exercer le métier d'entraîneur. Madame Lagarde s'était bien gardé de reprendre sa péroraison. Là aussi on peut voir une trace de courage politique.
Le deuxième sujet de clôture, si je puis dire, sera les nouvelles modalité de sauvetage de la sécurité sociale, dont, pour aujourd'hui, je ne retiendrai qu'un aspect. On va augmenter les honoraires des médecins et faire entrer dans l'hôpital des praticiens contractuels payés au tarif de ceux du privé. Je m'étonne de n'avoir jamais entendu un chroniqueur de santé ou un spécialiste de l'économie de la santé, demander pourquoi chaque fois que le gouvernement, ou cette majorité aux affaires depuis 2002, veut réduire le déficit de la sécurité elle augmente les honoraires des médecins. Je me demande si ce n'est pas pour me fournir un exemple facile à comprendre de cette duplicité qui consiste à creuser un déficit pour transférer la chose publique au privé. Quel courage !
On voit par là que le courage politique est contagieux.
Mots-clés : Courage politique, sécurité sociale
Par Gregorio
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| Gregorio - "CHRONIQUE DU CHIEN ASSIS"
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par XXX, le Lundi 19 Mai 2008, 00:27
Au pays du journalisme de gouvernement | Mediapart : " L'adresse n'est pas apparue dans le commentaire précédent; la voici : http://jeanfer.com/news/gregorio-le-courage-de-sarkozy"Répondre à ce commentaire
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Amis vagablogueurs,
Commentaires
1 - Lien croisé qu'il faut absolument aller voirpar XXX, le Lundi 28 Avril 2008, 12:15 Répondre à ce commentaire
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