A quoi sert l’université du Mirail ? Provocation bien sûr, quoique… Sans matières scientifiques dites dures, sans formations juridiques, quelles préparations spécifiques et ciblées à la vie professionnelle peut-elle assurer, en dehors de l’enseignement bien sûr pour les tout meilleurs, c’est à dire bien peu ? On vous dira que la question n’est pas là puisque « les étudiants viennent y chercher un bagage culturel qu’ils valoriseront eux-mêmes ». Authentique ! Façon habile de se défausser pour la grande majorité des enseignants, eux-mêmes, pour la plupart, passablement déconnectés des réalités socio-politiques. Ajoutez à cela, qu’à chaque tentative de l’Etat pour redonner du sens à cette maison, syndicats d’enseignants et des personnels administratifs et des services, se jouent en interne et sans risque le même remake théâtralisé de la lutte des classes, avec les mêmes répliques, depuis plus de trente ans pour certains d’entre eux, avec la participation régulière des intermittents de ce spectacle, en la personne de quelques étudiants peu motivés par leurs études parce que sans illusions sur leur niveau, et de quelques renforts « folkloriques » venus de l’extérieur. Et pendant ce temps, à cause de la dramatique vacuité du pouvoir prisonnier des déséquilibres syndicaux, l’immense foule des étudiants de bonne foi venus malgré tout poursuivre (c’est bien le mot !) des études au Mirail est prise en otage, bafouée, dépourvue de tout moyen d’expression démocratique... Faites « grève » ou subissez-la pauvres enfants, qui s’en soucie ? et surtout qui s’en souciera, à part peut-être vos futurs employeurs quand ils sauront d’où vous venez ?…Et pourtant l’excellence existe aussi dans cette maison, à ce que l’on dit de façon feutrée entre intellectuels, mais elle se réfugie dans des lieux qualifiés de laboratoires,  auxquels vous n’aurez pas accès avant longtemps, et où l’on reste entre soi ! C’est le scandale de l’inutile, car à vous, cette excellence ne vous sert à rien… Même s’ il y aura toujours quelqu’un pour vous servir cette belle maxime cache-misère : « l’enseignement par et pour la recherche » que je vous invite à rapprocher sans ironie du nombre de cours proposés à des petits groupes d’une quinzaine d’étudiants à bac +4 ou +5 par des professeurs utilisant leur sujet de thèse soutenue il y a trente ans. Choix douloureusement coûteux pour la collectivité qui en attendant ne sait toujours pas quoi faire pour ses premiers cycles ! ! !

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