CLÉMENT : Clinamen
Les rituels d'écriture sont sans utilité majeure. Les seuls gestes utiles sont les gestes techniques de la fabrication du texte. Mais la mise en mots n'est possible que sous le préalable d'un rituel rejouant symboliquement, à chaque fois, la scène d'une homogénéité initiale exacerbée. Immobilité, répétition du même, indifférence des actes et des pensées, calme plat dans les neurones. Les conduites d'évitement de cette nullité originaire peuvent dégénérer en fuite de toute activité d'écriture. Alors que les rituels clémentins d'alignement et de cadrage ont pour fonction de produire par saturation des dérives improvistes. Clément pousse au maximum la contrainte d'alignement, d'horizontalité. Il presse. Il lie. Il bâtonne. Il bétonne. Il calligraphie jusqu'au cal. Mais bien souvent rien ne se passe. Excepté que, parfois, incidemment, se détache de la masse sombre un profil fatigué de pensée fade, dont il s'empresse de rehausser le relief à la manière de ces photographes d'autrefois qui ravivaient le portrait en pied du notable bedonnant au coude appuyé qui avait en bougeant légèrement flouté la pellicule.
Par Clément
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| Clément - "GALETS & TESSELLES"
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