Comme je vous l'ai écrit hier dans l'article Petit retour, de la Chronique du chien assis, je suis en train de préparer mon déménagement. Il faut que je vous dise que j'appartiens à une lignée dont un de ses membres a été croisé avec un écureuil. Je garde tout, le supeflu bien sûr, mais le nécessaire également. A chaque déménagement je plonge avec délice dans mes cartons que Marie et mes fils savent contenir mes trésors. J'ai exhumé hier un poème en prose de jeunesse. Je ne résiste pas à l'envie de le publier dans notre blog alors je vous le confie.

 
Tu vas venir
 
La nuit se lève lentement, lentement. Quelle paresseuse ! Pas étonnant qu’elle dorme toute la journée, et en plus tous les jours c’est la grasse soirée.
 
Je viens de ranger un peu.
 
Ma tête tourne, tourne, à chaque tour j’attrape le pompon. Et puis même sans ça, les tickets ne sont pas chers. Ce matin déjà j’ai commencé à faire du manège.
 
Je me raconte ces histoires pour me tenir compagnie, pour t’attendre aussi.
 
Tu vas bientôt sonner.
 
Je me suis levé pour t’attendre à peu près en même temps que la nuit. J’ai rangé, j’ai joué au manège avec ma tête pour ne pas m’avouer que je t’attendais déjà. Il faut bien que je me ruse un peu, parce que c’est tout bête de commencer à t’attendre si tôt, alors que je sais bien que c’est tout à l’heure que tu vas venir. Tu sonneras... Non, il ne faut pas que je me dise cela, pas encore. Je vais me raconter une histoire. Pas celle là, je me la suis déjà raconté ce matin. Je vais plutôt retourner à la fête foraine. Un petit tour de manège pour se plonger dans l’ambiance. Tiens, il y a une jolie roulotte bigarrée que je n’avais pas remarquée, après ce tour je vais y aller. Devant c’est plein d’enfants. Qu’est-ce que ça peut bien être ? Ah j’y suis c’est la niche du magichien, j’en ai entendu parler par mon petit voisin. Il paraît qu’il fait des tours de chat perché, des tours de gibier, et même des tours de maître affolé ! Mais la séance doit être terminée, les gosses se lèvent encore émerveillés. Je reviendrai demain.
 
 
Maintenant je vais aller t’attendre parce que bientôt tu vas venir. Tu sonneras, j’aurais un dixième d’hésitation : la fenêtre ou le bouton de la porte ? je t’ouvrirai, j’allumerai l’escalier. Tu viens de repousser la porte. Tu monteras les deux étages - il faut quand même un certain temps pour monter deux étages. J’irai à la porte, j’ouvrirai. Ça y est, tu es là.

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