La question, récurrente, que je me pose, depuis que j’écris pour LBLB, est celle de la spécificité de la réflexion personnelle que j'y produis, en regard des activités associatives, familiales et autres, qui m’occupent de temps en temps par ailleurs. Après longues discussions de fin de repas avec mes frangins fondateurs Greg, Chris, et Bartau, j’ai décidé, comme eux d’ailleurs, de cantonner ma démarche blogueuse dans le plus fin voisinage de mes intérêts essentiels et de mes registres de sensibilité propre.

Mais il se trouve que ceux-ci sont surtout d’ordre structurel, au sens où, marqué profondément par mon passé professionnel, j’ai tendance à attribuer aux choses des significations plus formelles que symboliques et donc à écrire des textes illisibles.

Cette attitude d’esprit et cette pratique scripturale, adaptées naguère au style de la communication scientifique et aux exigences de la construction d’un savoir généralisable, se caractérisent par une certaine méfiance à l'égard des choses concrètes. Mais comme j’éprouve du plaisir dans le respect des procédures, et de la joie quand je crois réussir le dessin d’une forme pure (celui d’un président ithyphallique, par exemple ici), je n’ai pas du tout l’intention de m’en priver...

Ce n’est donc pas sans malice à mon égard, accompagnée je n’en doute pas d’une fraternelle affection, que les susdits, qui sont vraiment de vrais copains, m'ont fait pénétrer avec eux dans ce lieu chaleureux, riche, poétique, fluctuant, processuel, hétérogène, des Blogueurs de La Bourdette, où, quoi que l’on dise et quoi que l’on fasse sur un clavier, de toutes façons, dès que ça part dans les airs « tout devient symbole... ». Où plus rien ne passe désormais par la clarté linéaire du raisonnement adressé à un lectorat connu mais où tout voltige anarchiquement dans l’atmosphère et retombe aussi bien à Pékin qu’à Montgeard.

Si je me pose aujourd’hui la question de ma trajectoire blogueuse dans le creux de ces deux perspectives contradictoires (le signe aplati sur papier et le symbole lancé dans les airs), c’est parce qu’il est exclu que j’en privilégie une aux dépens de l’autre. Coexistence nécessaire, dans la vie d’un quelconque internaute, du concept fixé « pour ici seulement où ça lui importe d’y  paraître vachement intéressant » et du symbole qui voltige « ici-là-partout-nulle part où après tout ça lui est bien égal de lancer un texte médiocre ».

Concept et symbole qui forment désormais pour moi également, derrière ma machine à écran plat, une espèce de carrelage noir et blanc. Avec la contrainte de ne plus marcher ni de ne plus penser en diagonale, comme le font tous les amis-amies que j’ai contacté(e)s depuis plus de six mois pour venir écrire ici, parce que je sais qu’ils ont beaucoup des chose à dire, et qui se défilent comme des panthères roses…

 

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