L'erreur est ponctuelle, elle peut être corrigée, alors que la bêtise, même si elle n'affecte qu'un domaine restreint de la vie personnelle, est une errance tourbillonnante qui a peine à cesser. Elle est le chaos de la bévue permanente. Elle est un magma indistinct où le vrai et le faux s'entremêlent, une sorte d'entropie de la pensée où tout se vaut. La bêtise de Clément, tout entière en bruit de fond, est une réjouissante compagne de son réveil, moment où, chape rationnelle levée, il fulgure en jeux de mots et amalgames divers, au point de passer, dans les relations courtes, pour un amant d'esprit. Elle a son origine, dit-il, dans le fort-da précipité des barbarilles sauteuses d'une vieille tapisserie à fleurs serrées de sa chambre d'enfant.

Quand il la rencontre chez les autres, et notamment depuis quelques mois, chez le Président de la République qui a été élu en mai dernier par ses voisins(*), la bêtise le fascine, il peut rester des heures à la contempler, des jours à la supporter, en attendant le frémissement, l'éclair du regard, qui signalera une hésitation, un arrêt, une suspension de l'acte, un étonnement devant l'obstacle. Un "Tiens, tiens, voyons, que se passe-t-il?" qui marquerait l'amorce d'une pensée critique, d'une posture en surplomb.

Mais quand rien ne vient, et que toutes les conduites politiques du plus haut personnage de l'Etat se noient désespérément dans une sorte de mélange politico-psychologique de plus en plus visqueux, alors Clément se pose la vraie question qui n'est plus celle d'un appel facile à un éventuel égotisme maladif du personnage en question, mais qui est celle d'une mise en cause essentielle des conditions historiques et idéologiques qui ont rendu ce mélange possible.

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<tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20080223.OBS1979/sarkozy_a_un_visiteur__casse_toi_pauvre_con.html>

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