Hélène

Il ne faut s‘esbaudir disoient les bons vieillars,
Dessus le mur troyen voyant passer Hélène
Si pour telle beauté nous souffrons tant de peine :
Nostre mort ne vaut pas un seul de ses regars

Pierre de Ronsard

Vingt-cinq siècles plus tard, j’ai retrouvé Hélène
En hôtesse d’accueil au camping de la mer ;
Moi parmi les vieillards aux regards fort obscènes
En suis resté pantois, figé par le mystère.

Hélène parmi nous et encore plus belle,
Le regard abîmé aux lointains horizons
D’une mer infinie dont la vague étincelle…
Tellement loin de nous, sinistres avortons !

Mais les temps ont changé oh belle souveraine,
Les croulants aujourd’hui refusent de mourir
Pour les yeux arrogants d’une figure hautaine :
Puisqu’il nous faut mourir que ce soit de plaisir

Partageant votre couche en des ébats salaces
Où hideur et beauté intimement mêlées,
Créeront une œuvre d’art où triomphe l’audace…
C’est tout de même grand de mourir en beauté !

Claoda de Paodura

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