Lui - Bien, je file à la pharmacie.
Elle - N'oublie pas ton téléphone !
Lui - Et que voudrais-tu que je fasse à la pharmacie sans téléphone ?
Elle - Hé ! Faire le beau-cœur auprès de cette charmante pharmacienne !
Lui - Tu sais bien que ce genre de chose m'a passé. Allez... À tout à l'heure.
Elle - À tout de suite.
 
Ce petit dialogue anodin et familier pourrait n'appeler aucune remarque, sauf que, aux jours d'aujourd'hui, on pourrait se demander pourquoi un téléphone, que l'on devine mobile, pourrait être utile à une visite à la pharmacie du coin.

Avant que d'aller plus loin dans ce billet, je vous demanderai, lecteur, de bien vouloir examiner le contenu de votre portefeuille. Qu'y trouvons-nous ? Sans doute quelque chose comme  :
  • quelques papiers "d'identité" tels que Permis de Conduire, Carte d'Identité Nationale, Carte professionnelle, Carte associative, ...
  • les papiers "d'identité" de votre véhicule : certificat d'immatriculation (dit carte grise), certificat d'assurance, ...
  • quelques cartes de fidélité dans les magasins où vous avez l'habitude de consommer, ...
  • un  ou plusieurs titre de transport en commun, ...
  • une ou plusieurs cartes de paiement (dites cartes bleu), ...
  • et pour les assujettis, une carte Vitale, avec ou sans photographie suivant les régions.
En un mot, toutes vos "identités" : nationale, d'appartenances diverses, de consommateur, bancaire et d'Assuré Social. J'en passe, et des meilleures !

Tout cela, bien rangé, au fond de votre poche ou de votre sac, à la merci d'un oubli,  d'un voleur ou d'une perte !  Tout vous,  dans une vulnérabilité totale. Ceux qui ont déjà eu des déboires de ce type savent de quoi je parle et le coût de l'affaire.

Examinons maintenant ensemble les objets qui vous accompagnent dans vos pérégrinations. Outre le portefeuille au contenu sus-analysé, vous avez sans aucun doute des clés : de votre habitation, de votre voiture, etc. Un agenda pour prendre les rendez-vous et quelques notes, un stylo pour pouvoir écrire dedans, éventuellement un carnet de chèque au cas où votre carte accréditive de paiement préférée serait refusée par l'aimable commerçant chez qui vous réalisez vos dépenses. Et puis de menus objets : canif, lime à ongle, mouchoir, poudrier pour les dames, etc, etc. L'escargot transporte lentement sa maison sur son dos, mais nous ne sommes pas loin de nous déplacer avec une bonne partie de notre environnement sur nous !

Et c'est là que certains esprits entreprenants ont eu une idée qui commence à faire son chemin. Puisque nous transportons toutes sortes de choses où les mêmes informations figurent, pourquoi ne pas rassembler tout cela ? Et faire une espèce de carte d'identité nationalo-culturo-professionnelle qui pourrait être utilisée comme moyen de paiement et, pourquoi pas, de titre de transport et/ou de carte Vitale ?

L'homme "moderne", qui a déjà remplacé son agenda/stylo par un "Personal Digital Assistant", plus connu sous son acronyme PDA, voire pour les plus Hi-tech par un "Iphone" n'aurait alors sur lui que deux objets : son téléphone-PDA et sa carte à tout faire. Et puisque nous en sommes à la simplification, pourquoi ne pas réunir les deux : le téléphone en question étant personnalisé (par le fameux code PIN qu'il demande à chaque mise en route) rien n'empêche de s'en servir comme support des informations personnelles de l'utilisateur.

D'où notre dialogue de départ : pour aller chercher les médicaments prescrits par le médecin chez le pharmacien, il faudra avoir son téléphone sur soi ! Et nul besoin de le remettre entre les mains du potache, le système d'information de l'officine saura interroger à distance l'appareil pour en extraire les données nécessaires. Mon ordinateur sait faire cela pour récupérer les photos que j'ai prises avec mon téléphone, puisque les mobiles d'aujourd'hui (qui ne sont d'ailleurs rien d'autre que des ordinateurs) font tout, y compris, comme fonction annexe, téléphoner !

Ainsi, lors d'une visite au médecin, celui-ci inscrira sa prescription dans un fichier du mobile de son client, se fera payer en interrogeant le dit mobile, puis transmettra le dossier à la Sécurité Sociale grâce aux informations qu'il aura ainsi collecté. Le pharmacien n'aura plus alors qu'à récupérer l'ordonnance et à la suivre : gain de temps pour tout le monde, gain de papier et donc gain écologique.

La technologie existe, des essais sont en cours par certaines banques en ce qui concerne les moyens de paiement informatique, combien de temps faudra-t-il pour mettre le système en place ? Je table, pour ma part, pour moins de dix ans.

Bien sûr, cela obligera tout un chacun à posséder un de ces engins à tout faire que sont devenus les mobiles, mais vu la pénétration de la chose dans toutes les classes de la société, y compris les plus pauvres, cela ne devrait pas poser de gros problèmes.

Le seul problème qui risque de se faire jour dans un tel système d'information réparti (puisque c'est comme cela qu'il faut l'appeler) sera celui du flicage possible. Et c'est peut-être ce qui empêchera de le mettre en place. A moins que nos dirigeants n'arrivent à regagner la confiance du "peuple".

Mais ça ! C'est une autre histoire.


PS - Au fait : un PIN, c'est un Personal Identification Number, c'est à dire rien d'autre que l'équivalent de notre numéro de SS !

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