Ce n'est pas tellement sa propre opinion sur l'alignement des textes qui compte, c'est surtout celle que vont avoir ses compagnons LBLB sur la rigueur et l'intérêt de son travail. Quand Clément peine sur un texte, il a l'impression d'avoir quelqu'un qui lit derrière lui. Ses futurs lecteurs passent tous, l'un après l'autre, sur son épaule, et vers la fin du chantier ils forment une seule image condensée, une espèce de fantôme bienveillant, genre Bourdettor, qui est là, sur lui (surlui?). Dans cette situation hantée, son sentiment dominant est celui de l'envahissement convivial de la réflexion par un double de lui-même qui s'est constitué peu à peu en superposition d'images. Il n'est plus seul quand il écrit. Toute délibération, toute indécision, concernant la vérité d'un texte, est un dialogue parfois explicite entre lui et ce conseiller qui humanise les règles et relativise le souci de perfection. Il lui demande seulement de bien structurer horizontalement son texte et de fixer un horizon à son discours. C'est pour cela que Clément continue à brouillonner et que, malgré le beau temps revenu aujourd'hui, il laisse son jardin tranquille. ("Le Souci de vérité")

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