La réforme des collectivités territoriales - qui a tenu le devant de l’actualité lorsque monsieur Balladur a remis le rapport de la commission qu’il présidait sur ce sujet - va arriver devant le parlement.

L’association des régions de France a ouvert un site internet pour que le public puisse s’informer, débattre et formuler des avis. Le 23 février 2009, votre serviteur déposait une contribution intitulée « Quel avenir pour les départements ? » sur ledit site. Dans le courant de l’été, votre toujours serviteur rédigeait une nouvelle contribution non diffusée à ce jour, faisant ressortir le vrai but de cette réforme.

Ce sont là les deux textes que je vous livre pour fêter la reprise de notre blog. Je suis persuadé que le changement d’organisation territoriale a, entre autres buts, celui de nous faire changer de repères, de créer un vide dans notre culture institutionnelle. Vous savez que les tenants de l’idéologie libérale, laquelle est plus d’actualité que jamais, ont utilisé « La stratégie du choc » pour faire passer les changements contre lesquels les populations se seraient élevées s’il n’y avait eu ce choc. Noami Klein, journaliste canadienne anglophone, a tracé dans un magnifique ouvrage intitulé "La stratégie du choc", l’itinéraire des dégâts faits par cette stratégie, du Chili à l’Afrique du Sud, des pays de l’ex-URSS au sud-est asiatique.

Lorsque l’inénarrable Fillon, notre premier ministre, parlait d’« un choc de confiance », pendant la campagne électorale  des présidentielles de 2007, puis au début du règne de Nicolas Sarkozy, c’est à cette théorie qu’il se référait. Aujourd’hui la crise mondiale offre à cette majorité  les conditions qui lui manquaient. C’est pourquoi, plutôt que de s’atteler à amoindrir les effets de la crise, le Président de la République, le gouvernement, et les dirigeants de l’UMP, réaffirment presque en boucle qu’il faut continuer les réformes.

Parmi ces réformes malsaines figure celle des territoires et des collectivités territoriales qui, en plus de conformer la France à un ordre concurrentiel, bouscule les repères de la grande majorité des Français et habitants de France : "moins de repères = moins de résistance" c’est l’équation fondamentale de cette majorité.

A ceux qui douteraient de l’objectif effectivement poursuivi, je rappellerai que le changement de système d’immatriculation des véhicules à moteur que nous sommes en train de vivre, présenté comme une simplification dont on peut se demander ce qu’elle simplifie, répond à une injonction européenne qui vise à faire disparaître la référence aux départements. Quant à la concession, plus populiste que populiste, qu’a fait le gouvernement en permettant à chacun d'apposer sur son véhicule la mention du département de son choix, elle permet d'affirmer plus un lien affectif qu'un lieu d’immatriculation. En terme d’organisation spatiale cette mention ne sert à rien si ce n’est à brouiller un peu plus les cartes.

 On le verra à la lecture des deux textes qui suivent ce préambule, textes intitulés : 1 "Quel avenir pour nos départements" et 2." Réforme des collectivités : les grandes manoeuvres ont commencé..." que le changement qui s’annonce participe grandement d'un changement de régime (un universitaire dirait d'"un changement de paradigme").

La logique  concurrentielle doit s’inscrire autant dans les territoires que dans les cerveaux.
Les cerveaux du parti socialiste ont déjà été contaminés, c’est maintenant au tour des collectivités.


Lisez, réagissez, faites circuler, interpellez vos élus. Une grosse part de notre avenir va se jouer avec cette tentative de reformatage.
Saurons-nous y faire échec ?


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