17/09/08 - Grégorio : "Le marronnier commun"
Aesculus hippocastanum L
La situation est grave. Pour faire simple tous les marronniers sont menacés.
Trois menacent, dont la dernière dans l’ordre d’apparition s’avère particulièrement grave, pèsent sérieusement sur les Marronniers. Ce sont respectivement le black rot provoqué par guignardia aesculi, les attaques de cameraria abridella petite chenille mineuse qui creuse des galeries dans les feuilles et le chancre bactérien provoqué par pseudomonas syringae. Ce qui caractérise les maladies auxquelles sont exposés les marronniers c’est leur apparition récente, leur dissémination rapide et leur virulence. Le marronnier est un arbre originaire des Balkans de Turquie, du Caucase. Il est arrivé en Europe au début du 17ème siècle[1]. Dans ses régions d’origine, dont l’énoncé ci-dessus n’est pas exhaustif, tant les données sur ce sujet ne sont pas toutes certaines, le marronnier est un arbre forestier vivant dans des forêts humides, plutôt sur des terrains acides. Chez nous il a fait preuve d’une certaine plasticité, ce qui lui a conféré une place de choix parmi les arbres d’ornement. A ce titre il se trouve dans des situations diverses, dont beaucoup s’éloignent des conditions de son berceau d’origine, à commencer par celle d’arbre de cour, de trottoir ou d’allées goudronnées. Aujourd’hui il est pris en tenaille par la canicule de 2003[2] et la marche des maladies et parasites. Les maladies et insectes ravageurs du monde végétal, comme ceux du monde animal profitent des sujets affaiblis pour asseoir leur diffusion. A ce titre le mauvais sort que nous faisons à nos arbres, plantes et autres fleurs constitue une aide précieuse pour les parasites et ravageurs. Combien d’espèces végétales sont menacées ?
La prochaine fois je vous entretiendrai de l’arrivée des OGM. Vous verrez comment le génie génétique, au service de compétitivité viendra parachever ce que le dérèglement du climat et l’usage abusif des pesticides n’aura pas abattu.
[1] Des découvertes de pollen du marronnier commun donnent à penser qu’il avait existé en France et que la dernière glaciation lui avait été fatale.
[2] Les effets des grandes chaleurs sur les arbres se manifestent toujours avec un retard de plusieurs années.
Par Gregorio
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