"Toute chose trouve dans le beau sa propre raison d'être, son équilibre interne et sa justification." (Cioran)

Page principale - S'identifier - S'inscrire - Contact

Gregorio : "Après le val fleuri, voici le val fané"

Ce matin, vendredi 5 septembre 2008, Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, lors de sa chronique hebdomadaire sur France Inter, s'est déchaîné contre Médiapart, et les sites d'information en ligne. A l'origine du directorial couroux, la publication idiote et néfaste, dans un blog de Médiapart, d'un article faisant du SIDA un loup-garou dont l'un des buts, outre celui de faire peur comme tous les loups-garous, serait de capter des montagnes de subventions. L'article en question, que vous pouvez lire à l'adresse suivante :
http://www.mediapart.fr/club/blog/vincent-verschoore/210808/sida-20-ans-de-doutes-sur-le-vih
se situe dans la ligne droite des écrits révisionistes ou négationistes. J'écrivais ci-dessus ce que valait sa publication, j'aurais dû ajouter qu'il était mauvais et "petit" dans son esprit. Il contient en effet cette forme d'écriture qui assure ne pas contester ce qui est fortement remis en cause. C'est médiocre et le déchainement de Philippe Val paraît déplacé. Tellement que l'attaque, en réalité concentrée sur Médiapart et les sites d'information en ligne, est apparue pour ce qu'elle est, une manoeuvre d'épicier mécontent qu'on vienne lui prendre des clients. Dans l'histoire, le SIDA semble être le cheval de Troie d'une rancune tenace.
Au fond du val, la vertu diminue au fur et à mesure que la réussite augmente. (Chronique du Chien Assis)

28/08/08 - Gregorio : "Géorgie - A quoi jouent les Américains ?"

J’avais pris des grandes vacances, de très grandes vacances. Adepte de la philosophie de Jacques Prévert, telle qu’il l’expose dans le poème « dans ma maison », je ne faisais rien[1].
Je reprends ma chronique au point où je l’avais laissée. De la même façon, j’ai repris le vélo. J’ai souffert. Au terme de la première sortie, le mal au derrière est redoutable. Le souffle est court, les jambes font mal.  Le vélo est un compagnon qui se venge si on ne le sort pas régulièrement. Mais quand les affres de la reprise s’éloignent, qu’est-ce que c’est bon ! Reprendre l’ordinateur ne fait pas souffrir de la même façon. C’est plus l’impression que les phrases ne se laissent pas faire. Les idées sont là. Elles ne m’avaient jamais abandonné. C’est plus qu’elles se bousculent, chahutent et ne veulent plus se mettre en rang pour rentrer dans la page.

Pour reprendre donc, je voudrais attirer votre attention sur l’endoctrinement que nous subissons au sujet de la Géorgie . Cette espèce d’unanimité occidentale pour condamner la Russie me parait suspecte. Ô bien sûr, ce disant, je n’accorde en rien un brevet de bonne conduite aux dirigeants russes, je les trouve même peu fréquentables. Pour autant dans cette affaire, une fois encore c’est l’Oncle Sam qui a fait des siennes. L’article de Jean RADVANYI, historien et politologue spécialiste du Caucase aux « Langues O », paru dans TELERAMA du 23 au 29 août 2008, à la rubrique Le Débat, intitulé " A QUOI JOUENT LES AMERICAINS EN GEORGIE, ? " est fantastique de clarté et d’intelligence[2]. On y apprend que c’est l’exacerbation d’un nationalisme malodorant qui a tout compromis. Je n’ai pas entendu que cette odeur brune, dont l’allié géorgien était responsable, gênait les USA. Ceux qui poussent aujourd’hui des cris d’orfraie sont peu regardants sur les turpitudes de leurs alliés.

J’enrage une fois de plus, et là je n’ai pas perdu la main, quand j’entends aux informations que la communauté internationale s’insurge, condamne… , tant de pays n’ont pas voix au chapitre ! Dans la tête de ceux qui composent nos journaux, les USA et l’Europe, on pourrait dire les USA et leur alliés, composent à eux seuls la communauté internationale.

Lisez et diffusez cet article il donne un éclairage qui pourrait, s’il se répandait, faire toucher du doigt combien est dangereux l’atlantisme de mauvais aloi qui règne sur l’Europe. Car enfin, on nous présente de façon permanente l’OTAN comme une organisation démocratique, alors que c’est une organisation militaire, qui comme toutes les organisations militaires, se renforce pour faire la paix. Là est le danger ! (Gregorio : "Chronique du Chien assis")


[1] http://www.paroles.net/chanson/13516.1

Comme vous le verrez, malgré le titre et la mise en page, il y a tellement de Prévert et si peu de Montand !

GREGORIO : Le vent de la mauvaise foi souffle sur la France

Lire la suite...

GREGORIO : Non à la directive européenne de la honte

Un texte d'EVO MORALES, Président de la République de Bolivie



Non à la directive européenne de la honte
Evo Morales

"Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du monde, je fais appel à la conscience des dirigeants et citoyens pour que ne soit pas approuvé le texte de la "directive retour".

Evo MORALES AYMA
Président de la République de Bolivie

11 juin 2008

Jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe était un continent d'émigrants. Des dizaines de millions d'habitants partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques. Aujourd'hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite "directive retour".

Ce texte, validé le 5 juin dernier par les ministres de l'Intérieur des 27 pays de l'Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu'il durcit de manière drastique les conditions de détention et d'expulsion des migrants sans papier, quelqu'ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.

Les Européens sont arrivés dans les pays d'Amérique latine et d'Amérique du Nord, en masse, sans visa, ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent, dans nos pays du continent américain, qui absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les peuples premiers de l'Amérique. Comme par exemple dans le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIe et le XIXe siècle. Les personnes, les biens, les droits des migrants européens furent toujours respectés.

Aujourd'hui, l'Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive d'espace de prospérité et de libertés publiques. L'immense majorité des migrants viennent dans l'Union européenne pour contribuer à cette prospérité, non pour en profiter. Ils occupent les emplois de travaux publics, dans la construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux, que ne peuvent ou ne veulent occuper les Européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs qui rend possible ses généreux systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l'UE.

Pour nous, nos émigrants représentent l'aide au développement que les Européens ne nous donnent pas - vu que peu de pays atteignent réellement l'objectif minimum de 0,7 pc du PIB d'aide au développement. L'Amérique latine a reçu, en 2006, 68 milliards de dollars de transferts financiers de ses émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300 milliards de dollars, qui dépassent les 104 milliards de dollars octroyés au nom de l'aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, a reçu plus de 10 pc de son PIB en transferts de fond des migrants (1,1 milliard de dollars), soit un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.

Il apparaît que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et, de manière marginale, aussi pour nous du Tiers-Monde, vu que nous perdons des millions de personnes de main-d'oeuvre qualifiée en laquelle, d'une manière ou d'une autre, nos Etats, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières. Il est regrettable que le projet de "directive retour" complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque Etat ou groupe d'Etats puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino-américains.

La directive retour prévoit la possibilité d'un enfermement des migrants sans papier jusqu'à 18 mois avant leur expulsion - ou "éloignement" selon le terme de la directive. Dix-huit mois ! Sans procès, ni justice ! Tel qu'il est, le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948. Et en particulier l'article 13 qui énonce :
" 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays."

Et, pire que tout, il existe la possibilité d'emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans prendre en compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides.

Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans papiers, dont l'immense majorité travaillent et s'intègrent depuis des années De quel côté est aujourd'hui le devoir d'ingérence humanitaire? Où est la "liberté de circuler", la protection contre les emprisonnements arbitraires ? Parallèlement, l'Union européenne tente de convaincre la Communauté Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou, Vénézuela) de signer un "Accord d'association" qui inclue en son troisième pilier un traité de libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu'imposent les Etats-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission Européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics. De plus, au nom de la "protection juridique", on nous reproche notre processus de nationalisation de l'eau, du gaz et des télécommunications réalisés le Jour des Travailleurs.

Je demande, dans ce cas : où est la "sécurité juridique" pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en Europe ? Promouvoir d'un côté la liberté de circulation des marchandises et des flux financiers, alors qu'en face nous voyons des emprisonnements sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement... Ceci est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques. Dans ces conditions, si cette "directive retour" devait être approuvée, nous serions dans l'impossibilité éthique d'approfondir les négociations avec l'Union Européenne et nous nous réservons le droit d'imposer aux citoyens européens les mêmes obligations de visas qui nous ont été imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de réciprocité. Nous ne l'avions pas exercé jusqu'à maintenant, attendant justement des signaux positifs de l'UE.

Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles, connaissent d'importantes difficultés globales : le réchauffement global, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et de la biodiversité alors qu'augmentent la faim et la misère dans tous les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu'ils soient sans papiers ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n'est en rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l'Europe ne sont pas la faute des migrants, mais le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.

Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des régions du monde comme le Maghreb et les pays de l'Afrique, je fais appel à la conscience des dirigeants et députés européens, des peuples, citoyens et militants d'Europe, pour que ne soit pas approuvé le texte de la "directive retour". Telle que nous la connaissons aujourd'hui, c'est une directive de la honte. J'appelle aussi l'Union Européenne à élaborer, dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse des droits de l'Homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes l'énorme dette historique, économique et écologique que les pays d'Europe ont envers une grande partie du Tiers-Monde, et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de l'Amérique latine. Vous ne pouvez pas faillir aujourd'hui dans vos "politiques d'intégration" comme vous avez échoué avec votre supposée "mission civilisatrice" du temps des colonies.

GREGORIO : Darcos et la réforme

Les projets de réforme de l’éducation nationale, conduits par Xavier Darcos continuent de m’intéresser au plus haut point. Mes enfants sont sortis du temps de l’école, pour autant je garde une profonde attention pour la façon dont mon pays assure, remplit sa tâche en matière d’éducation, d’enseignement, de constitution et diffusion de la connaissance et du savoir. Les principes d’organisation qui régissent normalement les décisions politiques ne sont pas tous de même importance. Il y a des principes clés, des principes faîtiers, qui structurent et caractérisent la société. L’enseignement, de la maternelle au supérieur, la recherche, la fabrication de la connaissance, sa diffusion et la transmissions des savoirs sont de ceux-ci. A ce titre il est non seulement légitime, mais encore impératif que toutes les couches de la société, mettent leur nez dans ces domaines. C’est dans le creuset que constituent ses activités publiques entre les publiques, fondatrices de l’intérêt général, que naît l’homme libre, doué d’une pensée autonome. Lorsque j’entends un ministre dire que les suppressions de postes dans l’éducation nationale est un problème interne à l’éducation nationale j’enrage. Lorsque j’entends dire par monsieur Chérèque que la réforme des programmes du primaire, la suppression des postes d’enseignants ne concernent que les professeurs ou les élèves j’enrage. Certes, il ne le dit pas ainsi, mais de façon beaucoup plus insidieuse, puisque qu’il s’efforce de cantonner ce mouvement d’opposition aux seuls professionnels directement concernés, accusant même d’autres syndicats de vouloir instrumentaliser les lycéens. On se rappellera utilement qu’en négociant avec Fillon, en 2003, l’allongement de la durée de cotisation qu’il porta un mauvais coup aux salariés. Hormis la validation d’années pour les mères, à raison de 18 mois par enfant, pratiquement aucune des contreparties qu’il disait voir obtenues ne sont rentrées dans les faits. Le rachat des années d’études est tellement cher que personne ou presque n’y recourt. La diminution du nombre d’années de cotisation en fonction de la pénibilité du travail n’a pas avancé d’un pouce, quant à l’emploi des seniors il est toujours en étiage. En résumé, quand Chérèque négocie nous avons les contraintes tout de suite, et les contreparties à la Saint-GlinGlin.

Mais revenons à l’éducation nationale. Je vous avais fait part, dans l’article intitulé « Darcos et l’Histoire »du 18 avril 2008 du bien que je pensais des déclarations du ministre concernant l’enseignement de l’histoire. Ce mois-ci c’est de l’enseignement de la grammaire que je veux vous entretenir. Un article de Télérama
[1] cite les propos du ministre de l’éducation nationale, par lesquels il affirme : « On a vu avec la grammaire ce qu’il en coûtait de ne pas avoir voulu commencer par les règles. » Je rappellerai au ministre que la règle procède de l’usage, et non le contraire. A ce titre son affirmation est une ânerie. Je ne crois pas qu’il soit un âne, je me demande cependant pourquoi il professe de telles contre-vérités. Comme pour son affirmation sur l’enseignement de l’histoire, il y a là un problème d’appréhension du temps, de chronologie. C’est étrange.

Pour se racheter de cette appréhension bizarre du temps, Monsieur Darcos, sûr de la profondeur et de la légitimité de ses réformes, a demandé aux proviseurs de dissuader les lycéens de faire grève. Les renseignements généraux ont été appelés, à la rescousse. L’intimidation, les menaces d’exclusions, de suppression des allocations familiales, de non inscription au baccalauréat, la privation de voyage de fin d’année font partie des méthodes utilisées. Vous trouverez 4 témoignages sur le contre journal de Libération
[2].
 
Le président de la république a fait campagne sur les valeurs de la France, telles qu’il les voyait, il s’entend. Le premier ministre s’est félicité, il y a quelque temps, que la droite ait pu mettre au grand jour ses valeurs. Les valeurs s’enseignent à l’école, elles sont sous la garde bienveillante de monsieur Darcos. En de bonnes mains en quelque sorte. Cette façon intelligente qu’à eu monsieur Darcos de dissuader les élèves des lycées de continuer leur mouvement me semble constituer une nouvelle valeur de la droite. Quelque chose qui unit la contrainte, l’intimidation, la pression pour faire admettre l’ordre inéluctable de la modernité, auquel il faut trouver un nom. Je propose, un peu comme le préfet Eugène-René Poubelle légat son nom au récipient de collecte des ordures ménagères qu’il rendit obligatoire au 19ème siècle, q’on appelle cette nouvelle valeur le "darcos". Cette source d’inspiration constitue un hommage à la modernité dont monsieur le ministre devrait être fier. En effet Eugène-René Poubelle avait dans son arrêté du 7 mars 1884 défini les récipients de telle manière qu’on pût effectuer un tri sélectif.[3] Comme celle de notre vaillant ministre la décision de monsieur Poubelle fut contestée. Il y a là une parenté de sort qui ouvre des perspectives à Monsieur Darcos. Lui qui veut que l’Histoire soit enseignée à partir des dates et des grands hommes, pourrait ainsi y entrer à sa juste dimension.
 
 

GREGORIO : Le courage de Sarkozy


Déjà 3 jours que le président Sarkozy a produit son discours de victoire. Je dis de victoire car ce président qui veut soumettre les ministres à une exigence de performance vient de marquer l’histoire de la Vème République d’une performance dont il doit être fier : il est considéré comme le plus mauvais président de la république. Félicitons-le cela vaut bien une médaille d’or ! Le jour de son intervention il fait un taux d’audience inférieur à celui que réalise Louis la Brocante. Magnifique, cette fois c’est digne de la médaille d’argent.

Dés le lendemain, le secrétaire général de l’UMP, M. Devedjian, fort satisfait de la prestation de son maître, se plaisait à insister sur le courage du président. Je ne vois pas où est le courage. En faut-il vraiment pour fixer soit même son salaire et claironner à la cantonade qu’on le mérite bien ? Je ne crois pas. Mieux, l’histoire récente nous enseigne que ceux qui fixent tout seuls ce qu’ils méritent, tant ils se trouvent bons, ont presque toujours créé des problèmes. Ce ne sont ni Jean-Marie Messier, ni Zacharias, ni Forgeard qui nous démentiront.

Mais revenons au courage du président. En faut-il pour durcir la condition des classes moyennes, pour leur mentir. En quoi c’est courageux de dégrader les conditions de vie de la majorité et d’améliorer celle d’une petite minorité ? De quel courage s’alimentent les décisions d’augmentation du gaz ? Je ne comprends pas pourquoi ceux qui ont en charge l’information de leurs concitoyens font preuve d’une telle complaisance. Sans doute que leur condition n’est guère touchée. En faut-il pour déplorer en permanence le déficit public alors que depuis que cette majorité a les pleins pouvoirs, soit depuis 8 ans, la dette négociable est passée de 653 à 956 milliards d’euros ? Il faut très certainement plus de complicités que de courage pour arriver à de tels résultats. Que cela n’étonne pas les interviewers attitrés ne cesse de m’étonner. Entre géniaux, couards, ignares ou vendus, je n’arrive pas à trancher. Où voit-on du courage à réduire le nombre de professeurs de l’enseignement public pour financer les créations de classes promises au privé, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Là aussi plus que du courage ce sont de questions peu questionnantes dont les dirigeants de la majorité ont besoin.

De tout temps l’assèchement des caisses de l’Etat a créé les conditions favorables au transfert de la chose publique au privé. On comprend mieux pourquoi la droite s’applique autant à creuser le déficit qu’elle dénonce en permanence, et le peuple qui n’a plus de représentant, plus d’informateurs, perd ses droits parce qu’on lui a pris ses biens.

Pour un libéral pur sucre, spolier la collectivité c’est faire œuvre d’intérêt général. On se rappellera utilement l’article du Monde sur la vente des Autoroutes du Sud de la France à un prix de complaisance, ainsi que les protestations de l’Humanité. De même la vente de la SNCM pour un prix 10 fois inférieur à la valeur des actifs montrait bien que les privatisations sont de vraies étrennes pour le ou les groupes choisis et le patron imposé par le pouvoir le cas échéant. C’est bien ce qui a agité une bonne partie des barons du capitalisme français, plus préoccupés par la captation de la richesse publique que par l’avenir industriel de la France. On nous dit que la désindustrialisation de la France est de la faute des salariés et des 35 heures. Pour prétendre de telles choses ce n’est pas du courage qu’il faut, mais bien du mépris pour le peuple.
 
Nous finirons cette chronique sur deux sujets de réforme.
 
L’allongement du temps de travail, soit 41 ans pour une retraite à taux plein avec les applaudissements du MEDEF. Cette organisation devrait être disqualifiée. Son ancien président, M. Ceyrac, recevait depuis de nombreuses années une enveloppe de plusieurs milliers d’euros pour améliorer sa retraite. Une organisation qui a abrité ces pratiques et se permettrait de discuter des conditions de durcissement des retraites du plus grand nombre serait infâme, étymologiquement privée de renommée. Sur cette histoire du travail des anciens, même si une bonne part de la population l'a intégrée comme une fatalité, on se rappellera quand même le discours opportuniste de la ministre de l'économie, madame Lagarde qui avait péroré lorsque Guy Roux, célèbre entraîneur de foot avait annoncé qu'il reprenait du travail à soixante ans passés, le citant en exemple urbi et orbi. On se rappellera aussi que quelques jours plus tard le même Guy Roux a eu la décence de démissionner, reconnaissant qu'il n'avait plus la force et l'énergie nécessaires pour exercer le métier d'entraîneur. Madame Lagarde s'était bien gardé de reprendre sa péroraison. Là aussi on peut voir une trace de courage politique.
 
Le deuxième sujet de clôture, si je puis dire, sera les nouvelles modalité de sauvetage de la sécurité sociale, dont, pour aujourd'hui, je ne retiendrai qu'un aspect. On va augmenter les honoraires des médecins et faire entrer dans l'hôpital des praticiens contractuels payés au tarif de ceux du privé. Je m'étonne de n'avoir jamais entendu un chroniqueur de santé ou un spécialiste de l'économie de la santé, demander pourquoi chaque fois que le gouvernement, ou cette majorité aux affaires depuis 2002, veut réduire le déficit de la sécurité elle augmente les honoraires des médecins. Je me demande si ce n'est pas pour me fournir un exemple facile à comprendre de cette duplicité qui consiste à creuser un déficit pour transférer la chose publique au privé. Quel courage !
 
On voit par là que le courage politique est contagieux.

Mots-clés : ,

GREGORIO : Une agriculture pour nourrir les hommes

La France doublera cette année l'aide alimentaire aux pays les plus pauvres

Le président Sarkozy a réagi promptement à la situation de détresse alimentaire, de famine, qui se répand sur la terre.1 L'aide française passera de 30 à 60 millions. Il faut toujours une base de comparaison quand on parle chiffres. Puisque cette augmentation relève du bon vouloir du président, ainsi l'a-t-il annoncée, nous prendrons comme base de comparaison le budget de l'Elysée. Celui-ci représente aujourd'hui environ 100 millions d'€. On voit donc que l'augmentation de l'aide alimentaire pour les pays en grande difficulté représente 30% du budget de l'Elysée. Tout le monde sait que comparaison n'est pas raison. Nous introduisons donc un autre élément de comparaison. Le budget des restos du coeur. Il est de 48,5 millions d'€ pour la saison 2006-2007 soit 6 mois, comptés larges, d'aide alimentaire intérieure. Sans être de mauvaise foi, on peut dire que le remède Sarkozy n'est pas à la hauteur du mal ni de la richesse du pays qui le donne. Entre 1995 et 1999, la France au titre de la convention de Londres, avait pris une engagement annuel de 44,2 millions d'€, soit 51 millions d'€ 2007. On voit par là que la France, conduite par la majorité dont est issu le président Sarkozy, avait fortement réduit sa contribution, s'éloignant de ses engagements. Les radins ont toujours le chic de se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas quand ils mettent la main à la poche.

Mais il y a plus grave. L'aide alimentaire, pas seulement celle de la France, a été soumise à conditions, et notamment celles d'une adhésion aux logiques du libre marché. On sait maintenant avec certitude2 que les mesures imposées ont fait plus de mal aux pays qui les ont suivies que l'aide distribuée ne leur a fait de bien. Bamako, le très beau film3 de Abderrahmane Sissako, a fait connaître les maux que les pays les plus pauvres doivent à la libéralisation imposée par les grandes institutions internationales. Les grandes campagnes, comme « le poulet plume l'Afrique », ont sensibilisé l'opinion. On peut se demander comment les dirigeants, qui ont fait les dégats précédemment rappelés, vont trouver le chemin de l'aide vertueuse.
 

L'histoire française du conseil agricole, et du développement de l'agriculture, jusqu'au début des années 19704, est riche d'enseignement. Très schématiquement on peut considérer que la politique de développement agricole s'appuyait sur quatre piliers. La recherche agronomique, un enseignement agricole technique, allant des classes hivernales5 destinées aux fils d'agriculteurs travaillant déjà sur la ferme de leurs parents, à l'enseignement supérieur, et un dispositif de vulgarisation professant le conseil, dispensant de la formation professionnelle et assurant le suivi des agriculteurs constituaient les trois piliers techniques. Le quatrième pilier était l'accesion au crédit à un prix préférentiel. Les changements issus de cet effort scientifique et technique nécessitaient des investissements, les prêts « bonifiés » permettaient aux agriculteurs d'emprunter à un prix compatible avec la productivité économique de leurs exploitations agricoles. Ce dispositif conjuguait au mieux des temporalités différentes. Le temps de la recherche n'était pas celui de l'enseignement, et ni l'un ni l'autre n'étaient celui de la vulgarisation, pourtant ces trois temps s'avéraient non seulements complémentaires, mais encore indispensables. Ils conféraient cohésion et élasticité à tout le dispositif qui fonctionnait également comme un réseau de diffusion de messages techniques efficace. Rapidement, ces quatre piliers furent complétés par l'organisation des marchés, qui s'appuya notamment sur le mouvement coopératif. Il ne faudrait pas voir une quelconque nostalgie dans ce rappel. Pour aujourd'hui il convient d'en retenir que la France avait investi dans le développement de son agriculture. Elle s'était dotée des structures indispensables à produire, diffuser et appliquer le savoir et les connaissances nécessaires à l'évolution de l'agriculture recherchée, à savoir assurer l'alimentation de sa population.
 

Partout, ou presque, où j'ai porté mon regard, partout où j'ai tendu l'oreille, j'ai vu, écouté ou entendu que l'aide technique, quand elle n'a pas été remplacée par « un soutien à la société civile », privilégie les temps courts plutôt que les autres, se privant ainsi de toute réelle efficacité. Partout, ou presque, où j'ai porté mon regard, partout où j'ai tendu l'oreille, j'ai vu écouté ou entendu que le pays aidé n'avait pas les moyens de produire les connaissances et les savoirs dont il avait besoin pour assurer l'alimentation de sa population. Partout, ou presque, où j'ai porté mon regard, partout où j'ai tendu l'oreille, j'ai vu écouté ou entendu que le pays aidé avait plus ou moins perdu son autonomie, et qu'un ensemble d'ONG6 forte de l'argent récolté ou obtenu agissait en se substituant aux structures du pays aidé. Partout, ou presque, où j'ai porté mon regard, partout où j'ai tendu l'oreille, j'ai vu, écouté ou entendu que les grands financeurs publics fixent des objectifs et des règles d'attribution des subventions qu'ils accordent en fonction de leurs propres objectifs. Partout, ou presque, où j'ai porté mon regard, partout où j'ai tendu l'oreille, j'ai vu, écouté ou entendu que le mythe du grand marché s'impose à ceux qui en souffrent. Les modes7 en cours dans les bureaux des bailleurs de fonds ont souvent relégué l'agriculture et l'autonomie alimentaire au rang des accessoires, pour faire place aux programmes d'aide au renforcement de la société civile, de décentralisation, de création d'entreprises. Les modes ne savaient pas que la « société civile », dans ces pays, c'est cette frange qui a compris la logique des financeurs et des ONG et trouve là de quoi exercer son métier et se nourrir. Je ne lui jette pas la pierre, je ferais partie de cette frange si j'étais un habitant de ces pays. Je me demande seulement pourquoi les modes poussent à vouloir décentraliser des pays qui n'ont jamais été centralisés. Des pays certes dotés d'un pouvoir qui ne quitte pas le centre, mais dont la capacité organisatrice s'étiole au fur et à mesure qu'on s'éloigne du centre. Je me demande seulement pourquoi la mode veut qu'on fasse « jouer à l'entreprise » des hommes et des femmes vivant dans des pays dont l'économie est si faiblement formalisée. Je me demande quand sera-t-il à la mode de penser que la vraie société civile sera d'autant plus visible que la population du pays mangera à sa faim sans craindre pour l'avenir. Si seulement la mode disait que chaque pays doit retrouver son autonomie, nourrir sa population et vendre le surplus. Si seulement la mode disait que c'est un honneur de pouvoir aider un pays à développer une agriculture nourricière. Si seulement la mode disait que c'est une honte de vassaliser des pays au prétexte qu'on doit leur porter assistance. Aujourd'hui le monde découvre que le grand marché, tel qu'il n'est pas régulé est un mécanisme entropique, un mécanisme qui produit de la désorganisation. Et ceux-là même qui ont oeuvré à cette désorganisation sont chargés de remédier à ce qu'ils ont appelé de leurs voeux et concrétisé de leurs actions.

On n'est pas dans la m----e !

Je voudrais que plein de petits marchés reprennent la place que monopolise le grand marché !

 
Ps – On m'objectera que le comportement des dirigeants et des élites de certains de ces pays ne contribue en rien à l'amélioration de la situation. C'est vrai, mais le grand marché s'en accommode parfaitement. Et les pays riches également. Ainsi beaucoup de populations supportent les inconvénients du grand marché accentués par le comportement de leurs dirigeants, ou inversement.

---------------------------------------------------------------------

1- Le samedi 18 mars 2006, le CROSI (collectif régional des organisations de solidarité internationale), organisait un colloque intitulé OMC la fin des paysans à l'université du Mirail, à Toulouse. Dans le document de présentation, rédigé par votre serviteur, que vous trouverez à cette adresse, en attendant que le CROSI ouvre son site, nous annoncions déjà des famines. http://www.vivreencomminges.org/doc/colocCROSI.doc

2- Et pas seulement ceux qui s'opposaient depuis le début à ces mesures.

3- A l'instar de films plus militants, comme le Cauchemard de Darwin ou la Guerre des Cotons.

4- Edgard Pisani, ancien ministre de l'agriculture, et à ce titre initiateur de la PAC pour la France, soulignait, dès 1972, que la PAC avait pleinement réussi et qu'il fallait la changer. (Interview accordé le 27 mars 2007 au Cercle des Européens.)

5 - Il s'agissait de profiter des mois pendant lesquels le travail à la ferme était moins abondant pour dispenser aux fils d'agriculteurs, dans des écoles d'agriculture d'hiver, un enseignement pratique directement utlisable.

6- Ces propos ne constituent en rien une charge contre les ONG. Il y en a beaucoup qui font du bon travail. Comme partout, il y les bonnes, les moyennes et les mauvaises. On peut cependant ajouter que la bonne volonté ne fait pas le talent.

7- Dans cette mode, comme dans les autres modes oeuvrant dans le domaine des idées, il y a ceux qui la font, ceux qui la diffusent, ceux qui la portent et ceux qui la supportent. Quant à ceux qui la rejettent, ils faut également qu'ils la supportent.


Mots-clés : , ,

GREGORIO : Darcos et l'Histoire

La chronique du chien assis annonçait un guetteur. Il a bien déserté son poste, tout occupé à trier ses papiers, ses livres, ses photos, ses bouts de bois et de fer, ses vis et clous, car quand on est bricoleur tout peut servir. Lassé d'attendre le chien assis s'était couché. Je suis monté au second. le chien assis était là, à son poste. IL m'avait très certainement entendu ou senti arriver. Les mouvements des lycéens qui ne veulent pas se laisser abuser par le ministre, m'ont fait me souvenir que j'avais en portefeuille un billet sur la volonté réformatrice du ministre de l'éducation. Comme vous allez le voir, avec les personnages d'une seule obsession, cela paraît encore d'actualité.

 

Certaine fois je prends plaisir à railler les « bons mots » des hommes politiques. C'est vrai, j'aime rire des bévues de ceux qui voulant nous montrer le chemin pointent le doigt là où il n'y a pas de chemin. Cela me rappelle la scène du Corniaud dans laquelle Bourvil prend possession d'une belle voiture américaine sur un quai. Il s'adresse à des personnes qui discutent devant la voiture, leur fait signe qu'il va avancer, enclenche la marche arrière par erreur et encastre brutalement l'arrière de la voiture sur une bitte d'amarrage, déclenchant l'hilarité de ceux auxquels il faisait signe de se pousser de côté.

Avec son inénarrable déclaration1, sur la nouvelle façon d'enseigner l'Histoire, « l'histoire s'apprendra désormais à l'école primaire, à travers la chronologie et les grands personnages. », le ministre de l'éducation, Xavier Darcos, crève le plafond, ce n'est même plus risible. Dans sa volonté compulsive de réformer, le ministre semble oublier qu'il n'y a pas d'histoire sans chronologie. Je me demande bien de quoi il se mêle. Mais puisque la volonté de réformer semble dépasser ses capacités de réflexion, je me permettrai, très respectueusement, de lui suggérer une réforme capitale, à laquelle cette remise à l'honneur de la chronologie m'a fait penser. Il fait partie de ces personnages qui réclament une opposition constructive, alors construisons.

Vous savez tous que la dernière année de maternelle et le CP comportent l'enseignement du laçage de soulier. La-dessus deux méthodes s'affrontent. Deux boucles ou une boucle et un bâton ? Si vous avez exercé vos dons d'observation, vous aurez très certainement remarqué que les ados glissent leur lacets dans leurs tennis, quand ils ne les laissent pas traîner par terre. Vous aurez constaté que nombre de chaussures son équipées, depuis deux bonnes dizaines d'années de velcro. pour éviter à leur porteur d'avoir à nouer les lacets. Vous avez également vu que les fabricants de chaussures viennent de mettre sur le marché des modèles de chaussures, de type basket, sans lacets. Seules deux rangées d'oeillets factices rappellent qu'autrefois il y avait des lacets qui permettaient de fermer les chaussures. Ce mouvement de fond, que jamais la gauche n'a dénoncé, signe particulièrement la déliquescence de l'enseignement en primaire, et c'est bien pour répondre à cette grave perte de savoir que les industriels ont mis sur le marché des modèles sans lacet. Comment voulez-vous que l'enfant qui ne sait pas attacher ses chaussures s'attache à regarder à travers la chronologie pour apprendre sa leçon d'Histoire ? Et s'il ne sait pas attacher ses chaussures, c'est bien parce que les enseignants, laxistes, et quand même de moindre valeur que les prêtres, rabins et imams, n'ont pas unifié leur enseignement.

Oui monsieur le ministre, la France doit se redresser. Et comment comprendre la vie des grands hommes quand on chemine sans lacet ? Nous attendons tous, par tous entendez les français silencieux qui vous soutiennent à votre insu, que vous publiiez une circulaire sur l'apprentissage du laçage de chaussures. Dites clair et haut s'il faut faire deux boucles ou une boucle et un bâton !



--------------------------------------------------

1
  Déclaration entendue sur France Inter courant février 2008.

GRÉGORIO : Lendemain d'un premier tour

Chers vagablogueurs,
 
Je suis en train de faire mes cartons en vue d’un déménagement prévu les 25 et 26 mars 2008. Imaginez ce que c’est pour un humain issu d’une lignée croisée, au plus lointain de la nuit des temps, avec un écureuil.

J’ai tout pris pour des noisettes et j’en ai caché dans tous les recoins. Malgré cela je ne résiste pas à l’envie de mettre en ligne mes observations en ce lendemain de premier tour des élections municipales.

Eric Woerth, ministre du budget et de la fonction publique explique, sans sourciller, que les électeurs ont donné l’avantage à la gauche lors de ce premier tour pour faire comprendre à la majorité, président et gouvernement compris, qu’ils sont impatients de voire appliquées les nouvelles réformes que le président Sarkozy a promises. Cette façon de prendre tous les téléspectateurs pour des imbéciles est le signe manifeste du woerth’art, nouvelle forme d’expression orale qui consiste à dire le contraire de ce qui est. J’appartiens à cette catégorie de personnes simples qui applaudissent quand le spectacle leur plait et sifflent quand il leur déplait. Si je crains qu’un spectacle plaisant soit trop court, je me réserve par mes applaudissements d’en redemander. J’ai remarqué, comme vous sans doute, que mes voisins de fauteuil, du plus proche au plus éloigné, font de même, c’est même pour cela que ça marche. C’est la même chose en politique, quand je souhaite encourager un élu à aller plus avant, je le lui dis et je vote pour lui. Pour Woerth c’est le contraire.

Ce même ministre Woerth déclara, avec des recherches de dramatisation évidentes, pour essayer d’inverser le tendance au deuxième tour, que partout où elle serait élue la gauche allait augmenter les impôts. C’est une constante de la droite que d’agiter le chiffon fiscal. Sur une autre chaîne, ce même soir, le président du groupe UMP, Jean-François Copé fit la même déclaration. Admirons la coordination, tels des moulins à parole, ils débitent le même slogan sous forme de mise en en garde.

Lundi 10 mars 2008 Alain Juppé, maire de Bordeaux élu au premier tour, explique en guise de réponse au journaliste de France Inter, qui lui demande son avis sur la signification de l’avantage donné à la gauche, que l’insatisfaction est normale, car il faut toujours du temps pour que les résultats des réformes apparaissent.

Et de fait il a raison le brave homme, il faut du temps pour voir les résultats.

La gauche accusée de vouloir augmenter les impôts, dans les communes qu’elle aura gagnées, ce n’est qu’une hypothèse. Par contre que la droite s‘applique patiemment et avec obstination à vider les caisses de l’Etat, c’est un fait vérifiable sur le site internet de l’agence du trésor. De fin 2006 à janvier 2008, la dette négociable de l’Etat Français est passée de 877 milliards d’euros à 922 milliards d’euros. Mieux, depuis fin 2002, année du deuxième quinquennat de Chirac et avènement de l’UMP, la dette est passée de 717 milliards d’euros à 922 début 2008. C’est une constante de la droite française de faire croître la dette publique. On rappellera utilement la lettre du 27 janvier 1994 que Edmond Alphandery ministre de l’économie adressait au premier ministre Edouard Balladur, lettre par laquelle il lui faisait remarquer que son gouvernement laissait filer la dette française. Celle-ci était passée de 2100 milliards de francs en 1992 à 2900 milliards en 1995. On se rappellera également que monsieur Balladur ne manquait pas une occasion de faire la leçon à la France entière sur la réduction de la dette.

Pour un résultat c’est un résultat ! Ce cher Juppé est quand même un peu pessimiste, parce que ce résultat là ne s’est fait pas attendre. Les retraités sont en difficulté, ils l’ont fait savoir dans la rue. Le nombre de ceux d’entre eux qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts augmente. Mais c’est le résultat de la réforme des retraites de François Fillon, dont il disait que c’était la seule bonne réforme du quinquennat de Chirac.
 
Que ce soit au niveau local ou au niveau régional, j’aimerais bien que l’UMP, ses chefs et ceux qui vivent du soutien qu’ils leur apportent, sentent au jarret la morsure de la vraie impatience.
 
Amis vagablogueurs votez bien !

GREGORIO : Une idée stupide et malsaine

La mauvaise histoire d’un crocodile.

 
 
La dernière idée du président de la république, de faire parrainer chacun des quelques 14000 enfants juifs français, ou qui vivaient en France, victimes de la Shoah est stupide et malsaine. Stupide parce que le parrainage est une relation d’assistance entre le parrain et le filleul. A ce titre le parrain précède le filleul. Cet ordre chronologique est fondamental. Stupide également parce que c’est le parrainé, ou ses parents, qui choissent le parrain. Le parrainage constitue une relation réelle entre personnes vivantes, faute de quoi la garantie d'assistance bienveillante n'aurait aucune valeur. Un enfant ne saurait parrainer une personne née 50 ou 60 ans plus tôt, qui plus est disparue. Avec la déclaration du président ce serait une autorité qui imposerait un filleul disparu à un parrain qui ne le connaît en rien. Une fois encore avec des déclarations soit inconsidérées, soit manipulatoires, le président qui prétend faire entrer sa volonté jusque dans les cahier d’écolier, fait montre d’une grande confusion langagière. Ce faisant il produit un anachronisme flagrant et c’est malsain. Les professeurs des écoles qui ont choisi leur métier souvent par vocation, quoiqu’on en dise, n’ont pas à être instrumentalisés pour donner de la chair aux foucades du président. Comme beaucoup l’ont dit, ils n’ont pas attendu les « révélations du président » pour parler de la Shoah dans leurs classes. Croire que la Shoah sera mieux connue et mieux comprise dans son horreur, parce qu’elle serait abordée par une infime partie de ses victimes est stupide. Est-il du rôle d’un président de dire comment on doit enseigner l’histoire, surtout quand ce qu’il en dit est malsain. ? Car utiliser l’histoire, au prétexte de son enseignement, pour faire du sentimentalisme mal placé est malsain. L’enseignement de l’histoire demande de la distanciation, une mise en perspective, de l’intelligence et du cœur, pas de l’agitation. La seule question que nous avons à poser au président est : « de quoi vous mêlez –vous ? » Qu’on ne s’y trompe pas, l’antisémitisme constitue une tâche sur l’histoire de l’Europe et je rêve que l’enseignement lui fasse une place plus importante. Je rêve aussi de voir au moins deux ouvrages, Libres et égaux[1]de Robert Badinter et L’affaire[2]de Jean-denis Bredin au programme des lycées. Il y a très certainement d’autres ouvrages qui mériteraient de figurer au programmes des lycées, sans parler des films que la technologie rend accessible à tous. L’antisémitisme est une tâche brune fort ancienne sur l’histoire de l’Europe. Les historiens ont fait leur travail, il nous appartient de faire le nôtre.
 
La caractère fantasque de l’improvisation du président n’a pas échappé à sa majorité. Tous ses exégètes, dans un mouvement d’ensemble touchant, se sont précipités pour interpréter la parole du président. Madame Weil, qui se situe dans cette majorité a sévèrement condamné cette idée qui porte la marque d’une anorexie intellectuelle. Dommage qu’elle ait accepté par la suite de participer à la session de rattrapage destinée a donner un air acceptable à la fantaisie présidentielle. Il s’en est donc trouvé du beau monde pour expliquer que la volonté du président était que l’enseignement de l’histoire fasse une plus grande place à cette tragédie. Pourtant telle n’était pas sa volonté. Le président, dont le livre de Yasmina Reza[3] nous apprend qu’il n’aime pas l’histoire, voulait seulement faire le beau devant le CRIF. Il voulait répéter le coup qu’il avait fait lorsqu’il demanda publiquement qu’on lise à voix haute chaque année, dans toutes les écoles de la France la lettre de Guy Moquet, jeune résistant communiste condamné à mort, qui adressait ses adieux à sa famille, afin que les enfants le prennent pour exemple.[4]
Le brouhaha qui s’en est suivi, présenté comme un débat par le porte parole de l’UMP, a dû exciter le président. Que tout le monde s’agite doit être pour lui jubilatoire.
Pour moi c’est grave, très grave. Ce n’est pas un président de la république que nous avons, c’est un crocodile sacré. Le crocodile sacré est un animal sensé veiller sur un village, une tribu. Il vit dans un enclos creusé, clôturé, doté d’une mare, ou bien dans un marigot, près du village. On le consulte. Pour ce faire on lui jette un poulet, en présence d’un sorcier ou féticheur. Ce dernier observe attentivement le comportement du crocodile, s’il accepte l’offrande, comment il la saisit, comment il la mange, s’il l’entraîne dans l’eau, s’il s’interrompt pour regarder ses observateurs, s'il fait des mouvements de la queue. Et de tout ceci le sorcier en déduit la volonté du crocodile sacré. Je vois une quantité industrielle de sorciers interpréter les bâillements, grognements, gestes et autres mouvements de tête du président, puis décliner doctement, religieusement même, la volonté du président. Le grand danger vient de ce que notre crocodile sacré s’échappe trop souvent de son enclos !

Si seulement nous pouvions avoir un vrai président.
 
 
 
 
 
 

[1] Histoire de l’émancipation des juifs de France pendant la révolution.
[2] Histoire de l’affaire Dreyfus
[3] L’aube le soir ou la nuit, portrait du candidat Sarkozy en campagne électorale.
[4] Je n’avais pas réagi par écrit à ce moment, mais enfin, pourquoi, pour qui, Nicolas Sarkozy voudrait-il qu’un jeune de 17 ans vivant en France engage sa vie aujourd’hui, en 2008 ? Pour la croissance, pour la dépénalisation du droit des affaires, pour Bolloré, pour que soient atteints les quotas de reconduite à la frontière ? Depuis quelques jours Médecins du Monde fait circuler une pétition pour obliger le gouvernement et l’inénarrable Hortefeu à ne pas expulser de France les immigrés dont l’état de santé est tel qu’un retour dans leur pays d’origine équivaut à une condamnation à mort par manque de soins. Voilà une cause qui vaut qu’on s’engage, n’est-ce pas monsieur le Président ?

GREGORIO : Le tenue de Carla et de Nicolas

Je voudrais demander à tous les journalistes de ne plus utiliser le terme de première dame de France pour désigner Carla Bruni, la nouvelle épouse du président. J'aimerais, amis vagablogueurs, que vous m'aidiez à diffuser cette consigne, si elle vous agrée.
J’ai regardé sur Internet les photos de Carla Bruni dénudée. Je n’imagine pas qu’elle ait accepté de poser pour ces photos pour le seul appât du gain. Elle a dû avoir du plaisir à poser et à se voir en photo. Elle est belle femme au demeurant, les photos n’en sont pas pour autant artistiques, ce ne sont que photos de femme nue. Il faut une bonne dose d’exhibitionnisme pour se livrer à ce genre d’activité. Cela n’a rien de répréhensible, ni d’exemplaire. Cela ne vaut pas la lettre de Guy Moquet, à ce seul titre ce n’est donc pas un exemple. J’ai vu à la télévision Carla Bruni marcher aux côtés du président, elle était vêtue moderne le nombril à l’air, les hanches dénudées. Le président la tenait par la taille, la main posée sur la hanche, bien au contact de la peau. Il a 53 ans, elle en a 41. C’est pour cela qu’elle n’est pas la première dame de France. Là aussi le président a innové, il est accompagné de la première girl de France. Lui non plus ne pourra pas remplacer Guy Moquet comme exemple pour la jeunesse.

GREGORIO : Petit retour

Je reviens après quelques semaines d'absence. Mes projets de maison et de déménagement, l'état de santé de ma mère m'ont tenu loin du clavier. Ce soir j'ai fini de donner forme à deux articles que j'avais commencés il y a déjà quelques jours.
Jakem a laissé pour moi quelques traces de son passage sur le blog. Heureusement que je peux compter sur lui quand le temps de bloguer me fait défaut. Il me raconte ce qu'il a écrit en réponse aux articles qui l'ont inspiré. C'est pas mal, mais ce n'est pas cela que j'aurais mis.

Plus d'articles :