Photographie aérienne de Florence Paulus

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1er mai 2009 - CLÉMENT : "Le souci de vérité"

Deux NONs font-ils un OUI ?

Sur la question de la vérité scientifique, Clément a longtemps considéré que la Connaissance  suffisait. La profession qu’il exerçait – enseignant-chercheur en psychologie de l'éducation - avait fait de lui, en cela, un bon disciple de Descartes. Ce qui lui permettait d’accéder au « vrai », c’était l’inventaire rationnel des valeurs pédagogiques, habituellement objet d’impressions mutilées et confuses.
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7 sept. 2008 - CLÉMENT : "Bourdettor"

Ce n'est pas tellement sa propre opinion sur l'alignement des textes qui compte, c'est surtout celle que vont avoir ses compagnons LBLB sur la rigueur et l'intérêt de son travail. Quand Clément peine sur un texte, il a l'impression d'avoir quelqu'un qui lit derrière lui. Ses futurs lecteurs passent tous, l'un après l'autre, sur son épaule, et vers la fin du chantier ils forment une seule image condensée, une espèce de fantôme bienveillant, genre Bourdettor, qui est là, sur lui (surlui?).
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6 sept. 2008 - CLÉMENT : "Véridiction impossible"

Quand Clément prépare un topo à l'intention de ses collègues, chaque petit pavé de texte qu'il écrit, plume à la main, est bourré de ratures. Sa table est un champ de déchets. Il se parle en écrivant : il est là, à se chuchoter que ça ne va pas, que ça ne coïncide pas tout à fait avec une pensée qu'il souhaiterait exprimer. Et quand il s'arrête, après combat contre une virgule, il se dit qu'il est peut-être dans un mauvais jour, et qu'il ne pourra pas faire mieux. Il met de côté son texte. Le lendemain, il passe au dégrossissage d'une autre idée brute, et ça recommence.  Mais il n'est pas au bout de son souci car il constate souvent, presque toujours, que s'il met toutes ces idées quotidiennes côte à côte, dans un développement final, elles ne s'ajustent pas très bien. Ou bien elles se contredisent, ou bien elles sont redondantes, ou bien elles ne s'articulent pas logiquement. Son alignement de textes n'est jamais tout à fait d'aplomb, il n'est jamais tout à fait de niveau. Clément se trouve presque toujours dans l'impossibilité de formuler quelque chose qu'il pourrait béatement considérer comme une véridiction, un discours vrai. C'est grave, les copains ? Si oui, il va arrêter et aller travailler son jardin (*).
("Le Souci de Vérité")

(*) Aujourd'hui, c'est dommage, il pleut sur le Lauragais...

01/09/08 - Clément : "Un bon texte écrit est un texte difficile...

...selon Nietzsche"

Pour Nietzsche, un bon texte écrit est un texte difficile, à multiples facettes, à interprétations multiples, qui reflètent une seule pensée compacte, contradictoire. Le texte que l'on comprend immédiatement est un texte vain et inutile. Car l'idée que l'on saisit d'emblée est celle que l'on possède déjà. Le meilleur texte est celui qui fait ruminer, après coup, comme une vache (sic). L'écriture de Nietzsche privilégie les modes d'expression distanciés, et incite au déchiffrement. Clément a commencé à accéder au sens de l'oeuvre de Nietzsche quand il a compris qu'en elle tout est symbole. Le symbole nietzschéen lui apparaît ainsi comme un morceau d'espace mental clos, dans lequel deux éléments contradictoires sont en face à face. Leur impossible accord, vécu comme chaos, libère une énergie. Cette énergie peut être utilisée ailleurs, dans l'élaboration de la pensée, dans la création artistique, ou dans le travail d'organisation. Cette énergie est libre, elle est sans affectation. Elle ne peut être utilisée que par des esprits libres au sein d'un projet personnel de recherche de la vérité. (Clément : "Le souci de vérité")

01/09/08 - Clément : "Diablogues"

Clément, tailleur de textes, est debout dès l'aurore. Il connaît, en bon artisan, l'intrigue solitaire du bloc à dégrossir. Encore tranquille à midi, il sait que son trouble va naître et grandir lorsqu'il devra placer son petit pavé à côté du précédent. Sur un chantier collectif, comme celui des blogueurs de LB, la coïncidence parfaite des dimensions est impossible. Il doit se tourner vers ses co-rédacteurs  (Greg, Chris, Bartau, Claudio, Jaccla, Hécate, Mo, Montaigu, Franck, et les autres), les regarder, leur parler, les écouter, négocier les angles. Ça y est ? non, pas tout à fait, lisse encore un peu ce coin... Dialogue limité, centré sur la tâche, d'où se sont dégagés progressivement, par nécessité pratique, par jubilation intellectuelle aussi, le souci de vérité, la science des dires, les savoirs sur la genèse des écrits, la géométrie des présentations, la définition de nouveaux gestes éditoriaux... Dialogue prolongé, pour le plaisir, après minuit, au creux de la fatigue, dans des rêveries sublimes et décentrées où éclatent, dans la dispute et dans les rires, les divergences intimes sur le sens universel à donner à tout cela. Le jour, autour d'un cassoulet, dialogues pour réduire les différences. La nuit, dans le jardin étoilé, dialogues pour les susciter. (Clément : "Le souci de vérité")

28/08/08 - Clément : "Le lieu de la pensée vraie"

La philosophie structuraliste a séduit Clément, dans les années 60, avec sa belle et simple hypothèse de la causalité du manque. Zéro actif de l'algébriste, signifiant pur de Lacan, ptyx de Mallarmé, non-sens producteur de sens des Surréalistes, incomplétude de Gödel, boulin de La Bourdette, tout une série de définitions plus ou moins savantes pour désigner ce lieu vide dans les systèmes qui leur permet de s'organiser, dans la clôture, sans risquer l'entropie. Lieu vide qui n'est finalement que la case manquante du jeu de « pouss-pouss » de son enfance. Point de contenu : un trou. Un trou qui donne du jeu, et qui permet le fonctionnement tout autour. Le mou dans l'écoute. Le silence du groupe des apprentis dans un atelier ou du groupe d'élèves dans une classe. Rien de plus efficace. Rien de plus rationnel. Seules les religions s'emploient à boucher ce trou, en disant qu'il contient une parole venue d'ailleurs. Clément pense que la spiritualité est au contraire la libre circulation, en ce lieu vide, du souffle subjectif de sa pensée vraie. (Clément : "Le souci de vérité")